2,7 % de la valeur ajoutée de l'économie nationale
En 2022, la valeur ajoutée des éco-activités s’élève à 62,9 milliards d’euros (Md€), soit 2,7 % de celle de l’ensemble des branches au niveau national. Les énergies renouvelables, la maîtrise de l'énergie, la gestion des déchets et des eaux usées et la protection des sols et des masses d’eau (y compris l’agriculture biologique) génèrent 70 % de la valeur ajoutée de l’ensemble des éco-activités.
Entre 2004 et 2022, la valeur ajoutée des éco-activités s’est accrue en moyenne de 4,7 % par an contre 2,5 % pour l’ensemble de l’économie (respectivement + 3,3 % et + 1,1 %, hors inflation).
La part des éco-activités dans la valeur ajoutée totale passe ainsi de 1,8 % en 2004 à 2,7 % en 2022. La valeur ajoutée des éco-activités progresse moins vite en 2022 que l’année précédente (+ 8 % après + 15 %). La forte croissance en 2021 était liée à un rattrapage à la suite des confinements de l’année 2020 entraînant la mise à l’arrêt temporaire de différentes activités.
Évolution de la valeur ajoutée dans les éco-activités, entre 2004 et 2022
En indice base 100 en 2004 à partir de valeurs en euros courants
2022 = données provisoires.
Champ : France.
Sources : SDES ; Insee, EAP, Ésane, Comptes nationaux base 2014 ; Ademe ; Agence Bio. Traitements : SDES 2024
Forte progression de l'agriculture biologique, des EnR et de la maîtrise de l'énergie
La forte progression des éco-activités entre 2004 et 2022 a été soutenue par le dynamisme des énergies renouvelables, des activités de maîtrise de l’énergie et de l’agriculture biologique.
Avec une croissance moyenne de 8,8 % par an de sa valeur ajoutée entre 2004 et 2022, les activités concourant à la production d’énergies renouvelables sont celles qui contribuent le plus à la croissance d’ensemble des éco-activités. Au cours de cette période, la valeur ajoutée a vivement progressé dans le solaire photovoltaïque, l’éolien terrestre et les pompes à chaleur. Ces trois filières contribuent pour près des deux tiers à la progression de la valeur ajoutée des énergies renouvelables. Même si son poids relatif reste moins élevé, la filière biogaz s’est développée rapidement au cours des années récentes, sa valeur ajoutée étant multipliée par 5 entre 2017 et 2022.
Les activités liées à la maîtrise de l'énergie (isolation thermique des bâtiments, produits plus sobres en énergie) soutiennent également la croissance des éco-activités. Leur valeur ajoutée croît de 5,7 % par an entre 2004 et 2022. Grâce à leur progression régulière entre 2016 et 2022, à l’exception du recul de l’année 2020, la valeur ajoutée des activités de maîtrise de l’énergie est proche du niveau maximal atteint en 2012.
La valeur ajoutée de l’agriculture biologique a crû en moyenne de 12,8 % par an entre 2004 et 2022. Le nombre d’exploitations engagées dans ce mode de production a été multiplié par 5,4 au cours de cette période. D’après l’Agence Bio, on en compte 59 889 en 2022 (61 163 en 2023). La part des surfaces cultivées en mode de production biologique est passée de 1,9 % en 2004 à 10,5 % en 2022 (10,4 % en 2023). On observe cependant une baisse des surfaces en conversion au cours des années 2021, 2022 et 2023.
Production, valeur ajoutée et commerce extérieur dans les éco-activités, en 2022
En millions d’euros courants
(p) = données provisoires.
Notes : la production d’énergies renouvelables n’inclut pas les énergies marines renouvelables ; les exportations et les importations sont évaluées franco à bord (FAB) ; les échanges extérieurs portant sur l'agriculture et les services sont exclus, car peu présents au niveau des éco-activités ou en raison d’informations parcellaires (par exemple sur l’agriculture biologique) ; du fait des arrondis, les totaux et sous-totaux peuvent différer de la somme des composantes.
Champ : France.
Sources : SDES ; Insee, Ésane, EAP, Comptes nationaux base 2020 ; Douanes ; Ademe ; Agence Bio. Traitements : SDES, 2024
Le déficit de la balance commerciale se creuse en 2022
En 2022, les exportations de produits relevant des éco-activités s’élèvent à 13,7 Md€ et les importations à 20,9 Md€. La balance commerciale des éco-activités apparaît ainsi déficitaire de 7,2 Md€. Le déficit s’accroît en 2022 par rapport à 2021 (- 4,1 Md€). De 2004 à 2018, le solde commercial des éco-activités était toujours en excédent, dépassant même les 2 Md€ en 2006 et 2007. Un premier déficit, très limité (- 400 M€), apparaît en 2019 puis se creuse sensiblement au cours des trois années suivantes.
La forte progression des importations de véhicules électriques, dont la valeur est passée de 180 M€ en 2012 à 8,2 Md€ en 2022, explique en grande partie la dégradation du solde commercial. Les exportations de véhicules électriques ont pourtant également progressé, mais à un rythme bien plus modéré : entre 2018 et 2021, la valeur des exportations est multipliée par 3, celle des importations l’étant par près de 17.
Par ailleurs, les échanges extérieurs de produits relatifs aux énergies renouvelables contribuent également à la détérioration du solde commercial des éco-activités. En effet, leur solde est négatif de 5 Md€ en 2022 après - 2,8 Md€ l’année précédente. La forte progression des importations de biocarburants et dans une moindre mesure celle de cellules photovoltaïques expliquent ce déséquilibre. Les matières premières de recyclage dégagent un solde commercial positif de 4,3 Md€, niveau à peine plus élevé qu’en 2021 (4,1 Md€). Ce résultat, le plus élevé depuis 2004, tient essentiellement aux échanges extérieurs de matières métalliques de recyclage. Ils contribuent en effet à plus de neuf dixièmes au solde commercial sur l’ensemble des matières de récupération. Pour celles-ci, leurs exportations, en forte hausse en 2021, se stabilisent en 2022.
Évolution des exportations et des importations dans les éco-activités
En millions d'euros courants
Note : les exportations et les importations sont évaluées franco à bord (FAB).
Sources : Douanes ; Ademe ; Eurostat. Traitements : SDES, 2024
La part des éco-activités dans l'économie n'atteint pas la moyenne européenne
En 2021, la France, avec 2,2 % de sa valeur ajoutée dans les éco-activités (hors activités de construction visant la sobriété énergétique), se situe en dessous de la moyenne de l’Union européenne à 27 (UE) qui est de 2,8 %.
La Finlande se détache nettement des autres pays de l’UE par la surreprésentation des activités de production d’énergies renouvelables et de maîtrise de l’énergie. C’est également le cas de la gestion des aires forestières dont la part dans la valeur ajoutée totale est la plus élevée de l’ensemble des pays de l’UE.
Les activités de production d’énergies renouvelables et de maîtrise de l’énergie sont également surreprésentées en Autriche et en Estonie. Par ailleurs, dans ces deux pays, les activités de protection des sols et des masses d’eau dégagent une valeur ajoutée relative nettement plus élevée que dans l’ensemble de l’UE.
Part des éco-activités dans la valeur ajoutée brute totale dans les pays de l’Union européenne en 2020
En %
* Pour des raisons de comparabilité, sur ce graphique, les activités de construction en vue de la sobriété énergétique (CReMA 13B) ont été retirées de la valeur ajoutée des éco-activités.
Note : données provisoires pour la Belgique et la Grèce ; données estimées pour l'UE, l’Irlande et la Slovaquie ; données non disponibles pour la Suède
Source : Eurostat
Données
Données associées à l'article.
Cet article fait partie de la publication « Bilan environnemental de la France – Édition 2024 » qui propose une vue d'ensemble des dépenses de protection de l’environnement, ainsi qu’un aperçu de l’état des écosystèmes et des interactions entre l’environnement et l’économie.
Ces fiches thématiques abordent les grands enjeux et l’état des connaissances des principaux domaines environnementaux : milieux naturels, exposition aux risques, économie verte, consommation de matières, émissions de gaz à effet de serre, énergies renouvelables, etc.
Ce panorama, au travers d’indicateurs physiques et monétaires, mobilise de nombreuses sources et met en perspective les évolutions récentes sur ces domaines.
- Consulter le Bilan environnemental de la France - Édition 2024






