Les éco-activités en France – Synthèse des connaissances en 2023

Environnement
Publié le 30/11/2023
Les éco-activités regroupent les entreprises, administrations et associations ayant pour finalité la protection de l'environnement ou la gestion durable des ressources naturelles. Si elles occupent une place encore modeste dans l’ensemble des activités économiques françaises, les éco-activités progressent plus vite que l’ensemble de l’économie, tirées par la croissance de l’agriculture biologique, des énergies renouvelables et de la maîtrise de l’énergie.

2,4 % de la valeur ajoutée de l'économie nationale

En 2021, la valeur ajoutée des éco-activités s’élève à 54 milliards d’euros (Md€), soit 2,4 % de celle de l’ensemble des branches au niveau national. Les énergies renouvelables, la maîtrise de l'énergie, la gestion des déchets et des eaux usées et la protection des sols et des masses d’eau (y compris l’agriculture biologique) génèrent 70 % de la valeur ajoutée de l’ensemble des éco-activités. Entre 2004 et 2021, la valeur ajoutée des éco-activités s’est accrue en moyenne de 4,6 % par an contre 2,2 % pour l’ensemble de l’économie (respectivement + 3,4 % et + 1 %, hors inflation). La part des éco-activités dans la valeur ajoutée totale passe ainsi de 1,6 % en 2004 à 2,4 % en 2021. La valeur ajoutée des éco-activités rebondit en 2021 (+ 15 %) après une année 2020 de net ralentissement (+ 0,4 % après + 2,5 % en 2019) lié aux difficultés et contraintes générées par la pandémie.  

 

Évolution de la valeur ajoutée dans les éco-activités, entre 2004 et 2021
En indice base 100 en 2004 à partir de valeurs en euros courants

© SDES

2021 = données provisoires.
Champ : France.
Sources : SDES ; Insee, EAP, Ésane, Comptes nationaux base 2014 ; Ademe ; Agence Bio. Traitements : SDES 2023

Forte progression de l'agriculture biologique, des EnR et de la maîtrise de l'énergie

La forte progression des éco-activités tient au dynamisme de certains de ses sous-secteurs.

La valeur ajoutée de l’agriculture biologique a ainsi crû en moyenne de 12 % par an entre 2004 et 2021. Le nombre d’exploitations engagées dans ce mode de production a été multiplié par 5 entre 2004 et 2021. D’après l’Agence Bio, on en compte 58 438 en 2021 (60 483 en 2022). La part des surfaces cultivées en mode de production biologique est passée de 1,9 % en 2004 à 10,4 % en 2021 (10,7 % en 2022).

Avec une croissance moyenne de 7,9 % par an de sa valeur ajoutée entre 2004 et 2021, le domaine des énergies renouvelables contribue également à la progression d’ensemble des éco-activités. Les filières photovoltaïque, éolien, bois-énergie, pompes à chaleur et hydroélectricité dégagent les montants de valeur ajoutée les plus élevés au sein des énergies renouvelables. Si la part des filières biogaz et géothermie dans la valeur ajoutée de l’ensemble des énergies renouvelables reste modeste (6 % pour la somme des deux), elles sont en croissance rapide au cours des dernières années : la valeur ajoutée de la filière biogaz est multipliée par près de quatre entre 2016 et 2021 et celle de la filière géothermie par deux.

Les activités liées à la maîtrise de l'énergie soutiennent également la croissance des éco-activités. Leur valeur ajoutée croît de 5,4 % par an entre 2004 et 2021. Cette croissance n’est cependant pas régulière, en particulier au cours des dernières années observées. En recul au cours des années 2019 et 2020, la valeur ajoutée des activités concourant à la sobriété énergétique rebondit en 2021 avec une hausse de 17 %.

Les activités contribuant à la préservation ou à la restauration de la biodiversité et des paysages occupent une place relativement limitée : 4,1 % de la valeur ajoutée de l’ensemble des éco-activités en 2021. Cependant, la Stratégie Nationale pour la Biodiversité 2030 présentée en novembre 2023 par la Première ministre comporte 4 axes portant notamment sur la réduction des pressions sur la biodiversité et la restauration des espaces naturels. L’impact de cette stratégie sur les dépenses de la part des différents acteurs impliqués (pouvoirs publics, entreprises, associations) et donc sur l’activité associée devrait être visible dans les prochaines années.

 

Production, valeur ajoutée et commerce extérieur dans les éco-activités, en 2021
En millions d’euros courants

© SDES

(p) = données provisoires.
Notes : les exportations et les importations sont évaluées franco à bord (FAB) ; les échanges extérieurs portant sur l'agriculture et les services sont exclus ; du fait des arrondis, les totaux et sous-totaux peuvent différer de la somme des composantes.
Champ : France.
Sources : SDES ; Insee, Ésane, EAP, Comptes nationaux base 2014 ; Douanes ; Ademe ; Agence Bio. Traitements : SDES, 2023

Le déficit de la balance commerciale se creuse en 2021

En 2021, les exportations de produits relevant des éco-activités s’élèvent à 12,8 Md€ et les importations à 16,4 Md€. La balance commerciale des éco-activités apparaît ainsi déficitaire d’un peu plus de 3,7 Md€. De 2004 à 2018, le solde commercial des éco-activités était toujours en excédent, dépassant même les 2 Md€ en 2006 et 2007. Un premier déficit, cependant très limité (- 300 M€), apparaît en 2019. Il s’accroît au cours des deux années suivantes.

La forte progression des importations de véhicules électriques en 2019 et 2020, mais surtout en 2021, explique en grande partie cette dégradation. Les exportations de véhicules électriques ont pourtant également progressé, mais à un rythme bien plus modéré : entre 2018 et 2021, la valeur des exportations est multipliée par 3, celle des importations l’étant par 13.

Par ailleurs, les échanges extérieurs de produits relatifs aux énergies renouvelables contribuent également à la détérioration du solde commercial des éco-activités. En effet, leur solde est négatif de 2,3 Md€ en raison d’un doublement de la valeur des importations de biocarburants.

Les matières premières de recyclage dégagent un solde commercial positif, de 4,1 Md€, près de deux fois plus élevé qu’en 2020. Ce résultat, le plus élevé depuis 2004, tient essentiellement aux exportations de matières métalliques de recyclage, dont la valeur croît de 78 % entre 2020 et 2021. Ce mouvement permet seulement d’amoindrir le déficit commercial des éco-activités.  

 

Évolution des exportations et des importations dans les éco-activités
En millions d'euros courants

© SDES

Note : les exportations et les importations sont évaluées franco à bord (FAB).
Sources : Douanes ; Ademe ; Eurostat. Traitements : SDES, 2023

La part des éco-activités dans l'économie n'atteint pas la moyenne européenne

En 2020, la France, avec 2,2 % de sa valeur ajoutée dans les éco-activités, se situe en dessous de la moyenne de l’Union européenne à 27 (UE) qui est de 2,8 %.

Le verdissement de l’économie paraît plus avancé dans les pays scandinaves (parts de la valeur ajoutée dans les éco-activités de 7,2 % en Finlande, 4,6 % en Suède et 3,7 % au Danemark) ainsi qu’en Estonie et en Autriche.

La Finlande se détache nettement des autres pays de l’UE par la surreprésentation des activités de production d’énergies renouvelables et de maîtrise de l’énergie. C’est également le cas de la gestion des aires forestières dont la part dans la valeur ajoutée totale est la plus élevée de l’ensemble des pays de l’UE.

Les activités de production d’énergies renouvelables et de maîtrise de l’énergie sont également surreprésentées en Autriche et en Estonie. Par ailleurs, dans ces deux pays, les activités de protection des sols et des masses d’eau dégagent une valeur ajoutée relative nettement plus élevée que dans l’ensemble de l’UE.

 

Part des éco-activités dans la valeur ajoutée brute totale dans les pays de l’Union européenne en 2020
En %

© SDES

Note : données provisoires pour la Grèce, la France, le Portugal et l'UE ; données estimées pour l'UE, l’Irlande et la Slovaquie et en rupture de série pour le Portugal ; données extraites en novembre 2023 de la base de données Eurostat ; avec les données actualisées pour la France dans cette fiche le ratio 2020 est révisé à 2,3 %, ce qui ne change pas la position de la France dans ce graphique.  
Source : Eurostat

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Fiches thématiques pour dresser le bilan environnemental de la France

Cet article fait partie de la publication « Bilan environnemental de la France – Édition 2023 » qui propose une vue d'ensemble des dépenses de protection de l’environnement, ainsi qu’un aperçu de l’état des écosystèmes et des interactions entre l’environnement et l’économie.

Ces fiches thématiques abordent les grands enjeux et l’état des connaissances des principaux domaines environnementaux : milieux naturels, exposition aux risques, économie verte, consommation de matières, émissions de gaz à effet de serre, énergies renouvelables, etc.

Ce panorama, au travers d’indicateurs physiques et monétaires, mobilise de nombreuses sources et met en perspective les évolutions récentes sur ces domaines.

Consulter le Bilan environnemental de la France - Édition 2023

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