Derniers résultats

Les éco-activités et l'emploi environnemental en 2018 – Résultats détaillés

Environnement
Publié le 28/06/2021
En 2018, les éco-activités mobilisent 562 750 emplois en équivalent temps plein (ETP), soit 2,1 % de l’emploi intérieur total français. Après une phase de hausse entre 2004 et 2011, l’emploi se stabilise au cours des années suivantes.
En 2017 et 2018, les effectifs retrouvent une croissance vive : + 5,8 %, suivi de + 4,4 % en lien avec les conversions des exploitations françaises à l’agriculture biologique et une reprise des investissements dans les énergies renouvelables.

Hausse de 5,6 % de la valeur ajoutée dans les éco-activités

Le montant de la valeur ajoutée dans les éco-activités, en hausse de de 5,6 % en 2018, atteint 38,3 milliards d’euros, soit 1,8 % de celle de l'ensemble des branches. Quant à la production, elle s'élève à 104 milliards d’euros en 2018, soit 2,5 % de la production de l'ensemble des branches au niveau national. Cette production satisfait pour l'essentiel le marché intérieur, moins d’un dixième étant exportée.


La balance commerciale des éco-activités est excédentaire de 1,5 milliard d'euros, niveau proche du solde commercial moyen entre 2004 et 2018. Malgré sa forte progression en 2017 et 2018 (+ 700 millions, suivi de + 300 millions d'euros), le solde commercial reste cependant nettement en dessous de son niveau des années 2005-2008 et 2012-2013 au cours desquelles il dépassait les 2 milliards d'euros.

 

Valeur ajoutée, production, commerce extérieur et emploi dans les éco-activités en 2018
En millions d'euros et en équivalents temps plein

Sources - © SDES ; Insee, Esane, EAP, Comptes nationaux base 2014 ; Douanes ; Ademe ; Agence Bio
(p) Données provisoires    
Notes : les exportations et les importations de biens sont évaluées franco à bord (FAB) ; du fait des arrondis, le total des éco-activités peut différer de la somme des composantes.    

 

Près de 2 % de la valeur ajoutée totale relève des éco-activités

La valeur ajoutée mesure la contribution de chaque branche à l'économie nationale. Elle est définie comme la production à laquelle ont été soustraites les consommations intermédiaires (achat de fournitures, de pièces détachées ou des services en vue de cette production).

En 2018, la valeur ajoutée croît de 5,6 % entre 2017 et 2018, contre 2,6 % dans l’ensemble de l’économie. Après une forte progression entre 2004 et 2011, la valeur ajoutée des éco-activités tend à se stabiliser au cours des années suivantes avant d'accélérer en 2017.


En 2018, la valeur ajoutée progresse de 22 % dans l'agriculture biologique en lien avec la forte progression des conversions d'exploitations. La valeur ajoutée progresse également à un rythme élevé dans le domaine de la protection de l'air et du climat (+ 12 %) avec l'essor de la production de véhicules électriques. Elle progresse de 7 % dans le secteur des énergies renouvelables, soutenu par la croissance de la production d'énergie éolienne et des équipements associés ainsi qu'avec celle du marché des pompes à chaleur. La lutte contre le bruit est le seul domaine en décroissance en 2018.

 

La valeur ajoutée par domaine dans les éco-activités en 2018
En millions d'euros

Sources - © SDES ; Insee, EAP, Esane, Comptes nationaux base 2014 ; Ademe ; Agence Bio
Note : du fait d'arrondis, les montants dans les différents domaines peuvent différer de la somme des sous-domaines.


Entre 2004 et 2018, la valeur ajoutée des éco-activités croît en moyenne de 4,1 % par an contre + 2,3 % pour l'ensemble des branches. Malgré cette progression plus rapide, les éco-activités imprègnent encore faiblement l'ensemble de l'économie, leur part passant de 1,4 % en 2004 à 1,8 % en 2018.

 

Évolution de la valeur ajoutée dans les éco-activités entre 2004 et 2018
En indice base 100 en 2004

Sources - © SDES ; Insee, EAP, Esane, Comptes nationaux base 2014 ; Ademe ; Agence Bio
(p) Données provisoires.

 

Un excédent commercial de 1,5 milliard d'euros dans les éco-activités

En 2018, le commerce extérieur des éco-activités est marqué par une croissance forte, confirmant la reprise entamée en 2017.
Cette croissance profite davantage aux exportations (+ 10 % par rapport à 2017) qu'aux importations (+ 5 %). De ce fait, le solde commercial des éco-activités augmente, passant de 1,1 milliard d'euros en 2017 à 1,5 milliard en 2018. Les exportations issues des éco-activités s’élèvent à 8,8 milliards d’euros, soit 1,8 % des exportations totales de produits manufacturés ou de matières premières secondaires.
Quant aux importations, leur valeur atteint 7,4 milliards d'euros, soit 1,5 % des importations totales de produits manufacturés ou de matières premières secondaires.


Avec une valeur d'exportation supérieure de 2,7 milliards d'euros à celle des importations, la récupération est le domaine qui contribue le plus à l'excédent commercial. Le solde commercial relatif aux matières premières secondaires a peu varié entre 2017 et 2018, alors qu'il s’était fortement accru en entre 2016 et 2017. Les échanges extérieurs de matières recyclées portent en majeure partie sur les métaux ferreux et non ferreux. En 2018, les métaux représentent 83 % de la valeur exportée de matières premières secondaires et 70 % de la valeur importée. Le solde commercial relatif aux métaux de récupération atteint 2,4 milliards d'euros, soit plus des neuf dixièmes de celui de l'ensemble des matières récupérées. Le commerce extérieur de matières premières secondaires est susceptible de varier fortement d'une année sur l'autre en raison de leur cours très volatile. Ainsi, la forte croissance des exportations en 2017 s'explique beaucoup plus par la hausse du cours des matières premières que par celle des volumes.

Dans le domaine de la protection de l'air et du climat, le solde commercial approche les 300 millions d'euros en raison d'une valeur d'exportation de véhicules électriques supérieure à celle des importations.

Dans les activités tournées vers la maîtrise de l'énergie, le solde commercial est négatif : 900 millions d'euros en 2018. Depuis 2004, les valeurs importées ont toujours pris le pas sur les valeurs exportées, mais avec un écart tendant à croître. Ce déficit commercial structurel s'explique essentiellement par des importations de produits électro-ménagers de performance énergétique élevée, dont la valeur dépasse très nettement celle des exportations.

Dans les énergies renouvelables, un déficit commercial de 650 millions d'euros est observé en 2018. Le déficit commercial dans les énergies renouvelables avait toutefois frôlé les deux milliards d'euros en 2011. Les importations de biocarburants sont très nettement supérieures aux exportations. La valeur importée dépasse également celle exportée pour les équipements de chauffage au bois ou liés à la production d'énergie éolienne. En revanche, pour les pompes à chaleur, le montant des exportations dépasse sensiblement celui des importations.
Après quelques années d'excédent entre 2004 et 2007, le solde commercial sur les équipements de production d'énergie renouvelable est régulièrement déficitaire. Les déficits les plus élevés se situent entre 2008 et 2011 (entre - 1 Md€ et - 2 Md€), période marquée par des investissements en croissance rapide.

 

Le commerce extérieur des éco-activités en 2018
En millions d'euros

Sources - © Douanes ; Ademe
FAB : franco à bord.
Note : étant donné la présence d'arrondis dans les montants d'exportations et d'importations, la balance commerciale peut différer de la différence entre les exportations et les importations.

 

562 750 emplois dans les éco-activités

Les éco-activités emploient 562 750 personnes en équivalent temps plein (ETP) en 2018. Les effectifs ont augmenté de 4,4 % entre 2017 et 2018, contre + 1,1 % dans l’ensemble de l’économie.
Cette hausse s’explique avant tout par le dynamisme de l’emploi dans l'agriculture biologique, dont les effectifs atteignent 100 300 ETP en 2018, soit près d'un emploi sur cinq dans les éco-activités.

 

Évolution de l'emploi dans les éco-activités entre 2004 et 2018
En indice base 100 en 2004

Sources - © SDES ; Insee, EAP, Esane, Comptes nationaux base 2010 ; Ademe; Agence BIO
(p) Données provisoires.

 

La forte croissance de l’emploi dans ce domaine (+ 13 % en 2018, + 14 % en 2017 et + 12 % en 2016) reflète l’augmentation régulière du nombre d’exploitations s’inscrivant dans une démarche « agriculture biologique ». Le nombre de producteurs engagés dans l’agriculture biologique s'élève à 41 620 en 2018, soit une augmentation de 13 % par rapport à 2017. Les surfaces dites « certifiées bio » ont crû de 19 % en 2018 tandis que celles en conversion marquent le pas (baisse de 0,4 % en 2018) après un développement rapide entre 2013 et 2016.
La percée de l'agriculture biologique est entretenue par la demande croissante des ménages pour des produits bio. Ainsi, en 2008, un tiers des Français déclarait avoir réalisé des achats dans un magasin bio ou dans le rayon bio d’un supermarché. Dix ans plus tard, cette proportion atteint 60 % (source : CGDD/SDES, plateforme Environnement de l'enquête de conjoncture sur les ménages réalisés par l'Insee).

Avec une croissance de l'emploi de 5,2 % en 2018, le secteur des énergies renouvelables a également stimulé la dynamique de l'emploi dans les éco-activités, mais dans une moindre mesure que l'agriculture biologique. L'emploi dans le secteur des énergies renouvelables est estimé à 68 150 ETP en 2018. La vigueur des créations d'emploi dans les énergies renouvelables en 2018 est portée par la production d'énergie éolienne, la fabrication et l'installation de pompes à chaleur. Cependant, les investissements et l'emploi diminuent en 2018 dans les activités de production d'énergie photovoltaïque.

Après la réhabilitation des sols et des masses d'eau, le domaine de la maîtrise de l'énergie est celui qui concentre le plus d'emploi, avec 91 350 ETP en 2018. Après une progression rapide entre 2006 et 2010, l'emploi tend à se stabiliser par la suite en raison d'un ralentissement du marché de l'isolation thermique. Le contexte actuel offre cependant de véritables opportunités de développement de ces activités avec les objectifs que s'est donnée la France en matière de rénovation énergétique. Parmi ces objectifs figure celui de rénover 500 000 logements par an afin que l’ensemble du parc atteigne en 2050 le niveau de performance « Bâtiment basse consommation » (étiquette A ou B du diagnostic de performance énergétique - DPE).

Les activités de collecte et de traitement des déchets emploient 84 250 ETP en 2018. L'emploi a progressé assez régulièrement entre 2004 et 2011 pour gagner près de 20 000 ETP au cours de cette période. Depuis 2011, l'emploi tend à reculer à un rythme modéré. En effet, les besoins d'investissements nouveaux sont moindres et la gestion de la collecte sélective se rationalise.

Dans le domaine des eaux usées, l'emploi est estimé à 60 250 ETP en 2018. L'emploi apparaît relativement stable depuis 2004, malgré un reflux à un rythme modéré entre 2009 et 2016. La mise en conformité des équipements avec les exigences règlementaires est en voie d'achèvement et les nécessités d'investissement pour conformité tendent à se réduire.


En 2018, 42 % des emplois dans les éco-activités relèvent des services (collecte et traitement des déchets ou des eaux usées, etc.). Les emplois de services occupent une place beaucoup plus réduite dans les éco-activités que dans l'ensemble de l'économie française en raison de la nature de certains services, peu tournés vers l'environnement (santé, services aux ménages, activités culturelles).
Les emplois appartenant aux travaux publics, à la construction et à l'installation d'équipements comptent pour un peu plus d'un quart (26 %) de l'ensemble des emplois dans les éco-activités.
Ceux occupés dans l'agriculture (biologique) représentent 18 % du total, ce qui constitue une forte surreprésentation au regard de l'ensemble de l'économie où seuls 3 % des emplois relèvent de l'agriculture. Enfin, les emplois de fabrication industrielle restent minoritaires, de l'ordre de 14 %.

 

L'emploi environnemental par domaine et par type d'activité en 2018
En équivalent temps plein

Sources - © SDES ; Insee, EAP, Esane, Comptes nationaux base 2014 ; Ademe ; Agence BIO
Note : étant donné la présence d'arrondis, les montants dans les différents domaines peuvent ne pas être égaux à la somme des sous-domaines.

 

Méthodologie

Les éco-activités sont les activités qui produisent des biens ou services ayant pour finalité la protection de l’environnement ou la gestion des ressources naturelles. Elles sont exercées par des entreprises marchandes, mais aussi par des établissements publics et des associations.


Les éco-activités sont classées par domaine environnemental. Chaque domaine est défini par les nomenclatures d'activités environnementales. Celles-ci distinguent neuf domaines relevant de la protection de l'environnement (classification CEPA adoptée comme norme internationale en 2002) et sept domaines relevant de la gestion des ressources naturelles (classification CReMA développée dans les années 2000 sous l'égide d'Eurostat). Ces deux nomenclatures sont en phase de redéfinition dans le cadre d'un groupe de travail européen mis en place par Eurostat en 2017.


Cet article s'appuie sur le découpage par domaine de ces deux classifications, mais une troisième catégorie d'activités, les "activités transversales", a été identifiée en plus de celles dédiées à la protection de l'environnement et à la gestion des ressources. Ainsi, les services généraux publics, la R&D environnementale et l'ingénierie environnementale ont été regroupés dans les activités transversales. Pour ces activités multi-domaines, il est particulièrement difficile de différencier ce qui relève de la protection de l'environnement de la gestion des ressources. Cette présentation en trois blocs diffère légèrement de celle des nomenclatures CEPA et CReMA. Les totaux sur l'ensemble des éco-activités restent inchangés

Le niveau d'activité des éco-activités reste néanmoins sous-estimé. Le suivi statistique ne comptabilise que partiellement les services d’études et de conseils et certains produits adaptés (biens dont la finalité première n'est pas environnementale, mais exerçant de moindres pressions sur l'environnement en raison d'innovations technologiques, par exemple les véhicules électriques) sont laissés de côté faute d'informations suffisamment précises. Le commerce extérieur ne porte que sur les biens hors agriculture et énergie en raison du manque de données pour ces deux branches ainsi que pour les services.

Dans le cadre des travaux de l'Observatoire national des emplois et métiers de l’économie verte, le périmètre des éco-activités a été révisé afin de se conformer aux règles de classement en vigueur au niveau européen. Les activités portant sur la rénovation thermique des logements ont été intégrées dans le périmètre des éco-activités. À l’inverse, d’autres activités (production de sacs plastiques, de tuyaux…) ont été retirées en raison du manque de précision des sources de données utilisées. Cette révision conduit à réévaluer à la hausse le nombre d’emplois au sein des éco-activités (+ 64 000 ETP en 2016, soit + 15 %). L'ensemble des séries a été rétropolée afin d'obtenir des évolutions sur le même périmètre.

Cet article mobilise de nombreuses sources d’information :

> comptes de la dépense de protection de l’environnement du SDES, établis à partir de multiples sources dont : l’enquête Antipol de l'Insee (enquête annuelle sur les investissements de l’industrie pour protéger l’environnement), les données de la DGFiP (Direction générale des Finances publiques), l’UPDS (Union des professionnels de la dépollution des sites), la FNTP (Fédération nationale des travaux publics) ou le ministère de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche ;

> données Insee : EAP (enquêtes annuelles de production), Esane, Comptes nationaux, dépenses des administrations publiques ventilées selon la classification internationale COFOG (Classification of the Fonctions of Government) ;

> données des Douanes, de l’Agence Bio.

    
Pour le domaine des énergies renouvelables, la production par type d'énergie (photovoltaïque, éolien, pompes à chaleur, solaire thermique…) est issue des bilans annuels du SDES, ainsi que des études de l’Ademe sur les marchés et emplois concourant à la transition énergétique.

Les valeurs pour l’année 2018 sont des estimations provisoires. En effet, les séries de l’année N ne deviennent définitives que durant l’année N+3, notamment avec l’introduction des résultats définitifs des enquêtes annuelles de production (EAP), des sources Esane et des comptes de dépenses de protection de l’environnement. Pour certains domaines comme la protection de la nature et des paysages ou les activités transversales, l’évolution de la production entre 2017 et 2018 est estimée à partir de la branche des comptes nationaux à laquelle appartient l'activité.

Aller plus loin