Dans le résidentiel, le recours à des énergies moins carbonées que par le passé explique la majeure partie de la baisse de 44 % des émissions. Elles sont très majoritairement liées à l’usage de chauffage, dont les émissions ont baissé dans des proportions similaires. Si les gains d’efficacité énergétique sont soutenus depuis le milieu des années 2000, ils sont en grande partie annulés par la hausse des surfaces habitées.
In metropolitan France, CO₂ emissions linked to final energy consumption, adjusted for climate variations, decreased by 27% between 1990 and 2023. This publication aims to identify the respective roles of economic activity, energy efficiency, and the energy mix in this trend, for each of the major emitting sectors. In the residential sector, the shift toward lower-carbon energy sources compared to the past accounted for the majority of the 44% decline in emissions. These emissions are overwhelmingly linked to heating, which has seen a similar reduction. While energy efficiency gains have been sustained since the mid-2000s, they were largely offset by the increase in living space. In the transport sector, emissions are largely dominated by road transport and, in 2023, were similar to their 1990 levels for both passenger and freight transport. The use of biofuels and reductions in the fuel consumption per unit of passenger cars and heavy-duty vehicles were not sufficient to offset the increases in passenger and freight transport activity. The historic drop in emissions during the health crisis —19% for passenger transport and 8% for freight transport— was offset by the recovery in 2021. In the production sector, emissions were reduced by 39%, driven by three combined effects: energy efficiency gains across all branches, the use of less carbon-intensive energy, and the shift to the service sector of the economy.
L'essentiel en infographie
Découvrez les principaux chiffres des facteurs d'évolution des émissions de CO₂ liées à l'énergie en France de 1990 à 2023.
Les émissions de CO₂ liées à l’énergie : comment évoluent-elles en France entre 1990 et 2023 ?
Évolution pour tous les secteurs (1990-2023) : - 29 %
- Répartition des émissions par secteur :
- Transport : 45 %
- Secteur productif : 33 %
- Résidentiel : 16 %
- Autres : 6 %
- Facteur de baisse des émissions de CO₂ :
- Baisse de l’intensité énergétique
- Décarbonation du bouquet énergétique
- Facteur de hausse des émissions de CO₂ :
- Hausse de la population
- Hausse du PIB/hab.
Évolution pour le secteur du transport
- Transport de voyageurs : - 2 %
- Facteur de baisse des émissions de CO₂ :
- Amélioration de l’efficacité énergétique des voitures
- Décarbonation du bouquet énergétique
- Facteur de hausse des émissions de CO₂ :
- Hausse du nombre de voyageurs-km transportés
- Baisse du taux de remplissage des voitures
- Facteur de baisse des émissions de CO₂ :
- Transport de marchandises : + 3 %
- Facteur de baisse des émissions de CO₂ :
- Amélioration de l’efficacité énergétique
- Décarbonation du bouquet énergétique
- Facteur de hausse des émissions de CO₂ :
- Hausse du nombre de tonnes-km transportées
- Report modal du rail vers la route
- Facteur de baisse des émissions de CO₂ :
Évolution pour le secteur productif (industrie, tertiaire, agriculture) : - 39 %
- Facteur de baisse des émissions de CO₂ :
- Décarbonation du bouquet énergétique
- Amélioration des performances thermiques
- Tertiarisation de l’économie
- Facteur de hausse des émissions de CO₂ :
- Augmentation de la valeur ajoutée
Évolution pour le secteur Résidentiel : - 44 %
- Facteur de baisse des émissions de CO₂ :
- Décarbonation du bouquet énergétique
- Amélioration des performances thermiques (consommation de chauffage par m²)
- Facteur de hausse des émissions de CO₂ :
- Hausse du nombre de logements
- Hausse de la surface moyenne de logements
Principaux résultats
Une baisse de 27 % des émissions de CO2 liées à la consommation finale d’énergie entre 1990 et 2023
— En France métropolitaine, les émissions de CO2 liées à la combustion d’énergie, représentent environ les deux tiers des émissions de gaz à effet de serre (GES) totales de la France. Corrigées des variations climatiques, elles s’établissent à 261 MtCO2 en 2023. L’essentiel de ces émissions est lié à la consommation finale d’énergie : 221 millions de tonnes (Mt) d’émissions directes1 auxquelles s’ajoutent 21 MtCO2 d’émissions induites par la consommation finale d’électricité et chaleur.
Une baisse des émissions de CO2 en France malgré la croissance de la population et du PIB
— La baisse des émissions de CO2 liées à l’énergie en France entre 1990 et 2023 s’explique par les fortes diminutions de l’intensité énergétique et du contenu carbone de l’énergie consommée qui ont plus que compensé la croissance démographique et la hausse du PIB par habitant. La diminution du contenu carbone de l’énergie consommée est elle-même liée au recul de la part des énergies fossiles, au profit du nucléaire et des énergies renouvelables.
Des émissions de CO2 divisées par deux depuis 2005 dans le secteur résidentiel
— Le secteur résidentiel a réduit ses émissions de CO₂ (y compris les émissions induites liées à l’électricité et au chauffage urbain) de 48 % entre 2005 et 2023, inversant ainsi la tendance observée entre 1990 et 2005, période durant laquelle ces émissions avaient augmenté de 8 %. Cette baisse résulte de plusieurs facteurs. La diminution du contenu carbone de l’énergie a été obtenue par la baisse de la consommation des produits pétroliers, l’électrification et le recours croissant aux énergies renouvelables thermiques. De plus, la décarbonation du bouquet de production d’électricité a permis de réduire les émissions tout en augmentant la consommation d’électricité. L’amélioration des performances thermiques des logements, découlant des réglementations thermiques sur les constructions neuves et des politiques d’incitation à la rénovation, y contribue aussi, mais cet effet est annulé en grande partie par la hausse du nombre de logements et celle de leur surface moyenne.
Stabilité des émissions dans les transports
— Les émissions de CO₂ du transport de voyageurs sont quasi stables entre 1990 et 2023. Elles tendent à diminuer depuis 2002, après une hausse marquée dans les années 1990. Principal contributeur, le transport routier individuel a bénéficié de l’amélioration de l’efficacité énergétique des véhicules sur toute la période et d’une croissance moins dynamique du volume des déplacements depuis le début des années 2000. Dans le transport de marchandises, des améliorations logistiques et techniques ont permis de stabiliser les émissions depuis le début des années 2010.
Une décarbonation régulière du secteur productif depuis 2007
— Les émissions de CO₂ liées à l’énergie du secteur productif (hors celles liées au transport) ont baissé de 39 % entre 1990 et 2023, l’essentiel de la baisse étant observé depuis 2007. Cette baisse est principalement liée à un recul de la part des énergies les plus carbonées ainsi qu’à une baisse de l’intensité énergétique de chacun des grands secteurs (industrie, tertiaire et agriculture). La tertiarisation de l’économie, en partie imputable au remplacement d’une partie de la production domestique par des importations, y a également contribué.
Données
Tableau des données détaillées concernant les émissions de CO2 dues à l'énergie, en France, de 1990 à 2023


