La dépense d’investissement pour la production d’énergie renouvelable fait partie des dépenses de gestion durable des ressources naturelles comptabilisées dans les comptes économiques de l’environnement. Elle mesure l’effort financier consacré par les acteurs économiques (administrations publiques, entreprises et ménages) aux investissements pour la production d’énergie à partir de sources renouvelables sur le territoire national. Elle couvre exclusivement les dépenses d’investissement : acquisition d’équipements (pales d’éoliennes, panneaux photovoltaïques, pompes à chaleur, etc.), installation et études préalables nécessaires à leur mise en service.
23,5 Md€ d'investissements pour la production d'énergie renouvelable
En 2023, 23,5 milliards d’euros (Md€) ont été consacrés aux investissements pour la production d’énergie renouvelable (EnR) sur le territoire national, soit 0,8 % du produit intérieur brut (PIB).
Par rapport aux autres dépenses allouées à la protection de l’environnement et à la gestion durable des ressources naturelles, les investissements pour la production d’EnR représente le premier poste de dépense, devant la gestion des déchets (22 Md€) et le traitement des eaux usées (17 Md€).
Répartition des dépenses environnementales par domaine en 2023
En milliards d’euros
* Hors activités de récupération et transformation des déchets en matières premières de recyclage.
** Hors équipements de production d’EnR dans le cadre de rénovations (par exemple, les pompes à chaleur installées lors de rénovations sont comptabilisées dans la production d’EnR).
Champ : France.
Source : SDES, comptes économiques de l'environnement, 2025
Une dynamique soutenue depuis 2016
En 2023, les dépenses d’investissement consacrées à la production d’EnR poursuivent leur progression, avec une hausse de 9,5 % après deux années de croissance exceptionnelle (+ 35,9 % en 2021 et + 30,9 % en 2022). Les PAC et le solaire photovoltaïque restent les principaux moteurs de cette dynamique, portés notamment par les dispositifs publics d’aide à l’investissement, comme MaPrimeRénov’. En euros constants, la dépense progresse toutefois plus modérément (+ 4,3 %).
Sur le long terme, les dépenses pour les EnR ont connu des phases très contrastées. Entre 2006 et 2011, elles ont connu une hausse annuelle moyenne de 21,6 % en euros courants et de 19 % en euros constants, portées par le développement rapide du photovoltaïque grâce à des tarifs d’achat attractifs et des subventions publiques. De 2011 à 2016, la tendance s’est inversée, avec une baisse puis une stagnation des investissements (- 10,7 % en moyenne en euros courants et - 12,1 % en euros constants), sous l’effet de la réduction des dispositifs incitatifs et d’un contexte économique plus contraint.
À partir de 2016, les investissements ont fortement repris, avec une croissance moyenne de 17,6 % par an en euros courants et de 15,2 % en euros constants. Cette reprise s’explique par plusieurs facteurs : le renforcement des aides publiques (crédits d’impôt, prêts, subventions, etc.), la baisse des coûts des technologies ainsi qu’un cadre réglementaire favorable au développement des EnR. La loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte de 2015, puis la loi énergie-climat de 2019, ont contribué à renforcer les objectifs de développement des EnR et de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les années 2021 et 2022 ont été marquées par une accélération exceptionnelle des investissements, dans un contexte de relance économique, puis de fortes tensions sur les marchés de l’énergie.
Depuis 2016, les dépenses consacrées aux EnR augmentent plus rapidement que le PIB, tant en euros courants qu’en euros constants.
Évolution des dépenses d’investissement pour la production d’énergie renouvelable entre 2006 et 2023
En indice base 100 en 2006
Note : l’évolution des dépenses totales en euros constants est calculée à partir des dépenses totales en euros courants auxquelles on retire l’inflation, afin de refléter leur progression réelle depuis 2000. La conversion en euros constants s’effectue en appliquant un coefficient correspondant au rapport entre le PIB en euros courants et le PIB en volume (euros constants - hors inflation).
Champ : France.
Sources : SDES, comptes économiques de l'environnement, 2025 ; Insee, comptes nationaux, 2024
Un partage équilibré entre électricité et chaleur renouvelables
En 2023, les dépenses d’investissement pour les EnR se répartissent presque à parts égales entre électricité et chaleur renouvelables. La production d’électricité renouvelable (photovoltaïque, éolien, etc.) représente 12,1 Md€ (51,5 % du total), tandis que la production de chaleur et de gaz renouvelables (PAC, bois-énergie, biogaz, etc.) atteint 11,4 Md€ (48,5 %). Les biocarburants (essence et biodiesel) constituent une part marginale (inférieure à 1 %), avec 24 millions d’euros.
La structure des dépenses a toutefois évolué au fil des années. La part de l’électricité renouvelable est passée de 31 % en 2006 à 73 % en 2011, sous l’effet du développement rapide du photovoltaïque. Depuis, la répartition entre électricité et chaleur tend à s’équilibrer, en lien avec la montée en puissance des pompes à chaleur.
Répartition des dépenses pour la production d'énergie renouvelable par type d'énergie produite en 2023
En %
Note 1 : depuis 2009, les investissements réalisés dans les biocarburants sont restés négligeables, ce qui explique l’absence de cette source d’énergie dans le graphique.
Note 2 : l’arrondi de la somme n’est pas toujours égal à la somme des arrondis.
Champ : France.
Source : SDES, comptes économiques de l'environnement, 2025
Les pompes à chaleur en tête des investissements en 2023
En 2023, les PAC constituent le premier poste d’investissement des EnR, avec 8,2 Md€ (35 % du total). Ces équipements sont au cœur de la décarbonation du chauffage dans les secteurs résidentiel et tertiaire. Ils sont soutenus par les aides publiques et les programmes d’économies d’énergie.
Le solaire photovoltaïque représente 5,5 Md€ (24 %) : les investissements concernent aussi bien les installations sur bâtiments que les centrales au sol. L’investissement dans l’éolien en mer atteint 3,3 Md€ (14 %), traduisant la montée en charge de grands projets de parcs en mer. L’éolien terrestre bénéficie d’un investissement de 2,2 Md€. Les autres filières (hydroélectricité, biogaz, solaire thermique, géothermie hors pompes à chaleur) représentent des montants plus modestes, mais participent à la diversification du bouquet énergétique.
Répartition des dépenses d’investissement dédiées à la production d’énergie renouvelable par type de production et par filière en 2023
En millions d’euros et en %
* Comprend l'hydroélectricité, la biomasse électrique, la géothermie électrique (hors PAC géothermique), les énergies marines renouvelables (hors éolien en mer), le gaz renouvelable (cogénération), la valorisation énergétique des déchets.
** Comprend les PAC aérothermiques, géothermiques et les chauffe-eaux thermodynamiques.
*** Comprend le solaire thermique, la biomasse chaleur et la géothermie thermique (hors PAC géothermique).
Note 1 : en 2023, aucun investissement n’a été réalisé dans les biocarburants à base d’essence ni dans l’incinération des déchets à des fins énergétiques.
Note 2 : l’arrondi de la somme n’est pas toujours égal à la somme des arrondis.
Champ : France.
Source : SDES, comptes économiques de l'environnement, 2025
Auteur : Élodie RICAUD, SDES
Méthodologie
La dépense relative à la production d’énergie renouvelable constitue l’une des composantes des dépenses environnementales, plus précisément de celles associées à la gestion durable des ressources naturelles. Elle contribue à l’évaluation des investissements consacrés à l’atténuation du changement climatique, notamment par la réduction du recours aux ressources énergétiques fossiles (pétrole, gaz, etc.).
Elle est calculée conformément au Système de comptabilité économique de l’environnement (SEEA – System of Environmental-Economic Accounting) et fait l’objet d’une transmission annuelle en octobre n+2 à l’Office statistique européen (Eurostat), dans le cadre des investissements pour l’atténuation du changement climatique, en application du règlement (UE) n° 691/2011 relatif aux comptes économiques européens de l’environnement, modifié par le règlement délégué (UE) n° 2025/1131.
Son périmètre est établi à partir de la nomenclature statistique internationale des activités et des dépenses de protection de l'environnement et de gestion des ressources naturelles (CEP pour Classification of Environmental Purposes), sous le libellé « Énergie à partir de sources renouvelables » (CEP-0201).
À ce stade, la dépense comptabilisée couvre uniquement la formation brute de capital fixe, c’est-à-dire les investissements réalisés par les agents économiques pour l’acquisition et l’installation d’équipements de production d’énergie renouvelable. Le champ sera progressivement élargi afin d’intégrer la consommation de capital fixe ainsi que d’autres catégories de dépenses, telles que celles liées à l’évaluation du potentiel de production.
Les séries de données sont réévaluées chaque année, lors de la nouvelle campagne d’actualisation, en raison de l’évolution de données (arrivée tardive d’information par exemple), de l’extension du champ couvert ou de nouvelles procédures de calcul en vue d’améliorer la qualité et la fiabilité de la dépense.
Le calcul de la dépense relative à la production d’énergie renouvelable est réalisé par le service des données et études statistiques (SDES), à partir de multiples sources, notamment les statistiques de l’énergie du SDES, les données d’Observ’ER et de l’Ademe (en particulier l’étude Marchés et emplois concourant à la transition énergétique dans le secteur des énergies renouvelables et de récupération).
La dépense est exprimée en euros courants, c’est-à-dire qu’elle tient compte des prix tels qu’ils sont indiqués à une période donnée. L'évolution de la dépense inclut ainsi l'inflation sauf indication contraire.
Données
Données associées à la dépense pour la production d’énergie renouvelable en 2023 sous forme de tableaux et graphiques.






