Les oxydes d’azote (NOx)
Les NOx regroupent le monoxyde d’azote et le dioxyde d’azote. Ils sont essentiellement émis par des processus de combustion dans les secteurs des transports et de l’industrie. En 2024, les sources de NOx se répartissent de la manière suivante : les transports (47 %) – principalement le transport routier, l’agriculture et la sylviculture (25 %), l’industrie (18 %) et l’usage des bâtiments et les activités du résidentiel et du tertiaire (10 %).
Sur la période 2000-2024, les émissions de NOx ont diminué de 65 % de manière assez homogène dans le temps. La baisse plus marquée de 2020 est principalement due au secteur du transport routier (- 21 % par rapport à 2019), impacté par les fortes limitations des déplacements prises pour lutter contre la pandémie de Covid-19.
Les progrès réalisés dans tous les secteurs d’activités expliquent la tendance globale à la baisse, particulièrement dans le secteur du transport routier : renouvellement du parc de véhicules, équipement progressif des véhicules en pots catalytiques depuis 1993 et développement d’autres technologies de réduction, baisse progressive du nombre de véhicules diesel depuis 2015. La réduction des émissions du transport routier est également à mettre en parallèle de la mise en place de normes européennes d’émission sur les véhicules. Ces différentes avancées ont permis de compenser l’intensification du trafic et l’accroissement du parc.
Les émissions d’oxydes d’azote (NOx) en France
En milliers de tonnes
Notes : les données de 2024 sont une estimation préliminaire ; l’industrie regroupe l’industrie de l’énergie, l’industrie manufacturière et la construction et le traitement centralisé des déchets ; les transports regroupent le transport routier et les autres transports (aérien hors transports internationaux, ferroviaire, fluvial et maritime hors transports internationaux).
Champ : France métropolitaine.
Source : Citepa, avril 2025, format Secten
Les particules de diamètre inférieur ou égal à 10 micromètres (PM10) et inférieur ou égal à 2,5 micromètres (PM2,5)
Les particules présentes dans l’air peuvent être rejetées directement dans l’atmosphère par des activités humaines ou des sources naturelles (particules dites primaires). D’autres particules, dites secondaires, peuvent se former par réactions chimiques entre plusieurs polluants déjà présents dans l’atmosphère. Par ailleurs, des masses d’air chargées en particules provenant d’autres pays sont fréquemment observées.
Les activités du secteur résidentiel et du tertiaire (majoritairement via la combustion du bois pour le chauffage domestique) rejettent une grande partie des PM10 et des PM2,5 primaires d’origine humaine. En 2024, ce secteur contribue respectivement pour 46 % et 68 % à leurs émissions. L’industrie, les activités agricoles (élevages et labours des cultures principalement) et les transports (essentiellement le transport routier - échappement de combustibles brûlés et usures des routes, freins et pneus) émettent quant à eux respectivement 24 %, 20 % et 11 % des PM10. Ces trois grands secteurs d’activité contribuent dans une moindre mesure aux émissions primaires de PM2,5 à l’échelle nationale.
Sur la période 2000-2024, les émissions de PM10 et de PM2,5 ont diminué respectivement de 52 % et 59 % avec une légère stagnation entre 2014 et 2017 et des variations interannuelles influencées en grande partie par la consommation domestique de bois en lien avec la rigueur du climat. Cette tendance à la baisse s’explique par les progrès réalisés dans tous les secteurs d’activité, tels que le perfectionnement des techniques de dépoussiérage dans l’industrie, l’amélioration des performances des installations de combustion de biomasse ou de chauffage individuel au bois. Sur les dernières années, les émissions ont globalement baissé malgré une stagnation dans certains sous-secteurs de l’industrie notamment.
La réduction plus marquée des émissions en 2020 est en partie due aux mesures prises pour lutter contre la pandémie de Covid-19. Ces dernières ont particulièrement impacté les émissions des transports et de l’industrie (industrie manufacturière et construction). L’hiver doux, et donc la moindre consommation de biomasse dans le secteur résidentiel, explique également la baisse plus importante des émissions de particules en 2020.
Les quantités de PM10 et de PM2,5 rejetées directement dans l’air par des activités humaines en France
En milliers de tonnes
Notes : les données de 2024 sont une estimation préliminaire ; l’industrie regroupe l’industrie de l’énergie, l’industrie manufacturière et la construction et le traitement centralisé des déchets ; les transports regroupent le transport routier et les autres transports (aérien hors transports internationaux, ferroviaire, fluvial et maritime hors transports internationaux) ; sur ce graphique, les émissions de PM10 et PM2,5 ne concernent que la fraction primaire, et excluent donc les particules secondaires formées dans l’atmosphère, ainsi que les émissions naturelles.
Champ : France métropolitaine.
Source : Citepa, avril 2025, format Secten
Les émissions de composés organiques volatils non méthaniques (COVNM) dont le benzène (C6H6)
La famille des COVNM regroupe de nombreux composés constitués de carbone et d’un ou plusieurs autres éléments (hydrogène, oxygène, azote, soufre, phosphore, halogènes, silicium…). Ces composés sont notamment impliqués dans la formation d’ozone de basse altitude.
En 2024, 40 % des émissions de COVNM proviennent des activités agricoles : principalement la gestion du fumier, la fermentation des fourrages et le fonctionnement biologique des cultures. Les activités du secteur résidentiel et du tertiaire représentent ensuite 33 % des émissions de COVNM avec l’utilisation de solvants (peintures, vernis…) et la combustion du bois pour le chauffage domestique. L’industrie contribue à hauteur de 23 % principalement du fait de l’usage de solvants. La végétation constitue également une source importante de COVNM.
Sur la période 2000-2024, les émissions de COVNM d’origine humaine ont été réduites de 50 % avec une diminution plus marquée entre 2000 et 2010. Cette baisse s’explique par les actions menées dans les secteurs du transport routier (équipement des véhicules essence en pots catalytiques par exemple), du résidentiel-tertiaire (utilisation de produits sans solvants ou à faible teneur en solvants ou le remplacement d’appareils de combustion de la biomasse anciens par des modèles plus performants et moins émetteurs entre autres), de l’industrie et dans une moindre mesure du secteur de l’agriculture et de la sylviculture. Entre 2010 et 2020, les secteurs de l’industrie de l’énergie et des transports ont le plus contribué à la baisse observée.
Cancérigène avéré, le benzène (C6H6) fait partie de la famille des COVNM. En 2024, le secteur résidentiel est responsable de 65 % des émissions de ce polluant, en particulier à cause du chauffage au bois, suivi par les transports (18 %). Sur la période 2000-2024, les émissions de C6H6 ont diminué de 73 %.
Les émissions de composés organiques volatils non méthaniques (COVNM) et de benzène (C6H6) en France
En milliers de tonnes
Notes : les données de 2024 sont une estimation préliminaire ; l’industrie regroupe l’industrie de l’énergie, l’industrie manufacturière et la construction et le traitement centralisé des déchets ; les transports regroupent le transport routier et les autres transports (aérien hors transports internationaux, ferroviaire, fluvial et maritime hors transports internationaux).
Champ : France métropolitaine.
Source : Citepa, avril 2025, format Secten
Les émissions d’ammoniac (NH3)
Les émissions de NH3 proviennent essentiellement de l’agriculture (96 % en 2024) : épandage de fertilisants minéraux et organiques (déjections animales, boues, composts…), gestion des déjections animales en bâtiment et stockage, pâture des animaux.
Sur la période 2000-2024, les émissions de NH3 ont diminué de seulement 23 %, avec toutefois une baisse notable entre 2018 et 2023. Ces progrès s’expliquent principalement par la réduction du cheptel bovin (- 12 % d’émissions entre 2018 et 2023 pour ce sous-secteur) et des quantités d’engrais azotés minéraux épandus en lien notamment avec la hausse des prix des engrais (- 22 % d’émissions entre 2018 et 2023). L’utilisation moins importante d’engrais sous forme d’urée depuis 2018 a également contribué.
Les émissions d’ammoniac (NH3) en France
En milliers de tonnes
Notes : les données de 2024 sont une estimation préliminaire ; l’industrie regroupe l’industrie de l’énergie, l’industrie manufacturière et la construction et le traitement centralisé des déchets ; les transports regroupent le transport routier et les autres transports (aérien hors transports internationaux, ferroviaire, fluvial et maritime hors transports internationaux).
Champ : France métropolitaine.
Source : Citepa, avril 2025, format Secten
Le dioxyde de soufre (SO2)
Les émissions de SO2 proviennent en majorité de l’utilisation de combustibles fossiles riches en soufre et de certains procédés industriels. Ainsi, le secteur de l’industrie contribue pour 85 % aux émissions de SO2 en 2024.
Les rejets de SO2 ont considérablement chuté depuis le début des années 1980. Cette tendance s’explique par la baisse de la consommation d’énergie fossile induite par la mise en place du programme de production électronucléaire et le développement des énergies renouvelables, ainsi que par des actions d’économie d’énergie et l’amélioration des rendements énergétiques des installations industrielles. La limitation de la teneur en soufre dans les combustibles et les carburants d’une part, et la réglementation relative aux émissions des installations industrielles d’autre part ont aussi contribué à la diminution des émissions. Ces dernières années, la tendance à l’amélioration se poursuit grâce à la mise en application de la directive sur les émissions industrielles (valeurs limites d’émission plus strictes), à la mise en conformité des grandes installations de combustion ainsi qu’à la mise en place de valeurs limites d’émission pour les autres installations de combustion, notamment celles de taille moyenne. En fin de période, les émissions de SO2 ont moins diminué ou ont stagné hormis pour les secteurs de la transformation d’énergie et de l’industrie manufacturière.
Les émissions de dioxyde de soufre (SO2) en France
En milliers de tonnes
Notes : les données de 2024 sont une estimation préliminaire ; l’industrie regroupe l’industrie de l’énergie, l’industrie manufacturière et la construction et le traitement centralisé des déchets ; les transports regroupent le transport routier et les autres transports (aérien hors transports internationaux, ferroviaire, fluvial et maritime hors transports internationaux).
Champ : France métropolitaine.
Source : Citepa, avril 2025, format Secten
Le monoxyde de carbone (CO)
Le CO se forme principalement lors de la combustion incomplète de combustibles (fioul, charbon, bois, carburants…) et contribue notamment à la formation d’ozone de basse altitude. En 2024, le secteur du résidentiel et du tertiaire (usage des bâtiments et activités) et l’industrie sont responsables de plus des trois-quarts des émissions de ce polluant. Pour le secteur du résidentiel et du tertiaire, la principale source de CO est le chauffage au bois et plus particulièrement les foyers ouverts.
Sur la période 2000-2024, les émissions de ce polluant ont diminué de 67 %. Cette tendance initiée dès 1973 s’explique par les progrès réalisés dans les secteurs des transports, du résidentiel-tertiaire et de l’industrie (manufacturière en particulier). La réduction la plus importante est obtenue par le sous-secteur du transport routier grâce à la progression des normes environnementales au début des années 1970 puis à l’introduction du pot catalytique depuis 1993 pour les véhicules essence et depuis 1997 pour les véhicules diesel.
Les émissions de monoxyde de carbone (CO) en France
En milliers de tonnes
Notes : les données de 2024 sont une estimation préliminaire ; l’industrie regroupe l’industrie de l’énergie, l’industrie manufacturière et la construction et le traitement centralisé des déchets ; les transports regroupent le transport routier et les autres transports (aérien hors transports internationaux, ferroviaire, fluvial et maritime hors transports internationaux).
Champ : France métropolitaine.
Source : Citepa, avril 2025, format Secten
Les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP)
Une proportion importante des HAP provient des phénomènes de combustion, plus particulièrement de la biomasse dans le secteur résidentiel. En 2024, ce dernier est responsable de 84 % des émissions de HAP.
Sur la période 2000-2024, les émissions de HAP tous secteurs confondus ont diminué de 17 % mais celles du résidentiel augmentent depuis 2007. Le renouvellement d’installations de chauffage anciennes a contribué à ces progrès, de manière plus prononcée durant la décennie 1990-2000. Des variations interannuelles sont fréquemment observées et s’expliquent majoritairement par les températures hivernales qui influent sur la consommation d’énergie, notamment de bois dans le secteur résidentiel.
Les émissions de hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) en France
En tonnes
Notes : les données de 2024 sont une estimation préliminaire ; l’industrie regroupe l’industrie de l’énergie, l’industrie manufacturière et la construction et le traitement centralisé des déchets ; les transports regroupent le transport routier et les autres transports (aérien hors transports internationaux, ferroviaire, fluvial et maritime hors transports internationaux).
Champ : France métropolitaine.
Source : Citepa, avril 2025, format Secten
Les émissions de certains métaux et métalloïdes
Les secteurs de l’industrie, du résidentiel ainsi que les transports émettent la majorité des métaux et métalloïdes, y compris ceux dont les concentrations sont réglementées dans l’air : l’arsenic (As), le cadmium (Cd), le mercure (Hg), le nickel (Ni) et le plomb (Pb).
En 2024, le secteur de l’industrie rejette plus de 55 % des émissions de Cd, de Hg et de Ni de l’Hexagone. Pour le Pb, les transports et l’industrie sont les deux secteurs les plus émetteurs. Ils contribuent également à une grande partie des émissions d’As ainsi que les activités du résidentiel et du tertiaire.
Sur la période 2000-2024, les émissions d’As ont diminué de 65 %. Cela s’explique notamment par l’installation de dépoussiéreurs plus efficaces et plus nombreux dans les aciéries électriques et d’électrofiltres sur un nombre important de fours de production de verre creux. La baisse des activités industrielles suite à la crise financière de 2008, la diminution de la consommation de combustibles minéraux solides dans le secteur du résidentiel et du tertiaire ainsi que de combustibles minéraux pour la production de verre et l’arrêt de certaines centrales thermiques fonctionnant au charbon expliquent également cette tendance.
Les émissions de Cd ont chuté de 83 % sur la période 2000-2024, grâce notamment aux améliorations réalisées dans l’industrie en particulier la sidérurgie, la métallurgie des métaux non ferreux et le traitement des fumées d’incinération. Depuis 2009, les émissions de ce métal sont stables.
La baisse de 82 % des émissions de Hg sur la période 2000-2024 fait suite à plusieurs actions : la mise en conformité progressive des usines d’incinération d’ordures ménagères, la limitation ou l’interdiction d’utilisation de ce composé, la mise en place du tri sélectif et le perfectionnement des procédés de production du chlore.
Sur la période 2000-2024, les émissions de Ni ont diminué de 88 %, en raison d’une consommation moins importante de fioul lourd dans le secteur de l’industrie, de la mise en place de dépoussiéreurs plus efficaces et plus nombreux dans les aciéries électriques et d’une baisse de la consommation de fioul lourd pour la transformation d’énergie.
L’interdiction de l’utilisation de plomb tétraéthyle dans les essences au 1er janvier 2000 s’est traduite par une diminution forte et rapide des émissions de Pb du transport routier : - 93 % entre 1999 et 2000. Sur la période 2000-2024, les émissions totales de Pb ont baissé de 68 %, essentiellement grâce aux progrès réalisés dans les secteurs de l’industrie et du résidentiel et du tertiaire. L’amélioration des performances des installations individuelles de combustion du bois, l’installation de dépoussiéreurs dans de nombreuses industries ou encore la fermeture d’un important site de production de métaux non ferreux en 2003 peuvent être cités.
En 2020, les mesures prises pour lutter contre la pandémie de Covid-19 ont eu un impact sur les émissions d’As, de Hg, de Ni et de Pb en particulier celles de l’industrie et des transports, respectivement - 14 %, - 18 %, - 24 % et - 13 % entre 2019 et 2020.
Les émissions d’arsenic (As), de cadmium (Cd), de mercure (Hg), de nickel (Ni) et de plomb (Pb) en France
En tonnes
Notes : les données de 2024 sont une estimation préliminaire ; l’industrie regroupe l’industrie de l’énergie, l’industrie manufacturière et la construction et le traitement centralisé des déchets ; les transports regroupent le transport routier et les autres transports (aérien hors transports internationaux, ferroviaire, fluvial et maritime hors transports internationaux).
Champ : France métropolitaine.
Source : Citepa, avril 2025, format Secten
Auteur : Aurélie LE MOULLEC, SDES
Données
Les données d’émissions utilisées dans cet article sont issues de l’inventaire Secteurs économiques et énergie (Secten) élaboré par le Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique (Citepa). Chaque nouvelle édition de l’inventaire annule et remplace toutes les éditions précédentes.


