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Les sols en France - Synthèse des connaissances en 2021

Environnement
Publié le 24/03/2022
Éléments essentiels du bon fonctionnement des écosystèmes naturels et fournisseurs de ressources naturelles, les sols sont exposés à de multiples pressions pouvant compromettre les services écosystémiques qu’ils rendent. La satisfaction des besoins en logements et en infrastructures et les besoins en ressources naturelles conduisent à l’artificialisation de nouveaux espaces et à l’extraction de matières premières ayant un impact direct irréversible sur les sols.
Soils are essential for healthy natural ecosystems and the supply of natural resources. They are subject to multiple pressure that threaten to undermine the ecosystem services they provide. Satisfying housing and infrastructure needs and the need for natural resources leads to soil sealing and the extraction of raw materials that have a direct irreversible impact on soils.

Sols et aménagement

En France, 8 % des terres sont artificialisées avec des sols imperméabilisés (infrastructures, parking, constructions) ou fortement anthropisés (extraction de matériaux, décharges, espaces verts artificialisés, équipements sportifs) – (graphique 1). Cette superficie ne cesse d’augmenter.

L’extraction de minéraux non métalliques sur le territoire français atteint 374 millions de tonnes (Mt) en 2019, soit 5,6 tonnes par habitant. Cela représente 95 % de la consommation intérieure française de ces minéraux (les échanges extérieurs représentant seulement un solde de 17 Mt, résultant d’importations à hauteur de 42 Mt moins 25 Mt exportées). Les minéraux extraits (graviers, sables, ardoises, grès, granit, etc.) sont principalement utilisés dans la construction et composés en grande partie des graviers et sables (graphique 2).

 

Graphique 1 : répartition de l’occupation physique des sols, en 2018 (moyenne 2017-2018-2019) en %

Champ : France. Source : Agreste-Teruti. - © Traitements : SDES, 2021
Note : l’enquête Teruti a été rénovée en 2017. Les résultats des années 2006-2015 ont été rétropolés pour tenir compte de la nouvelle méthode de calcul. Les estimations sur 2017-2018-2019 sont provisoires.

 

Graphique 2 : minéraux non métalliques extraits du territoire français en millions de tonnes

Champ : France. Sources : Unicem ; Insee ; SDES. - © Traitements : SDES, 2021

Sols et agriculture

Les sols fournissent une base pour la production de biomasse. Les matières provenant de l’agriculture (blé, canne à sucre, fruits, fourrage, paille, etc.), destinées à une utilisation humaine (consommation, semences, usages industriels, transformation) ou animale (alimentation, litière), constituent le deuxième flux de matières extraites du territoire, avec 232 Mt, soit 3,4 tonnes par habitant extraites en 2019.

Chaque année, l’ensemble des sols perd en moyenne 1,5 tonne de terre par hectare en raison du ruissellement des eaux. Cette situation est aggravée par l’intensification de l’agriculture, le surpâturage, la déforestation ou l’imperméabilisation. L’érosion perturbe la biodiversité du sol, diminue les rendements, dégrade la qualité de l’eau et peut générer des coulées de boues (graphique 3).

 

Graphique 3 : part des surfaces concernées par les pertes en terre par érosion des sols en %

Source : BRGM, 2010, d’après Cerdan et al, 2010. Rates and spatiales variations of soil erosion in Europe : A study based on erosion plot data. - © Traitements : SDES, 2013
Note : cette répartition s’appuie sur des données de 2010 dont l’évolution est très faible dans le temps. Champ : France métropolitaine. 

 

En 2020, les grandes cultures couvrent 44 % de la surface agricole utilisée (SAU), dont un tiers semé au printemps.

Si le labour aère le sol et en améliore la fertilisation, il affecte sa structure et sa biodiversité, accélère le déstockage de carbone et le lessivage de l’azote. Des techniques de conservation du sol, telles que le non-labour (47 % de la surface en grandes cultures), limitent ces impacts, mais favorisent le tassement du sol, la prolifération de mauvaises herbes et des insectes ravageurs, impliquant un recours éventuel aux pesticides (graphique 4).

L’implantation d’un couvert végétal hivernal, précédant 61 % des cultures de printemps, limite l’érosion et le lessivage des nitrates et peut faire l’objet de valorisations énergétiques.

 

Graphique 4 : part des surfaces restant nues en hiver et sans labour, en 2017 en %

Champ : surfaces de grandes cultures en France métropolitaine. Source : Agreste, Pratiques phytosanitaires en grandes cultures en 2017 - © Traitements : SDES

Rôle des sols dans le stockage du carbone

Puits de carbone, le sol contribue à atténuer le changement climatique. À l’échelle mondiale, le premier mètre du sol renferme entre deux à trois fois plus de carbone que l’atmosphère et trois à sept fois plus que la végétation. Les sols de France métropolitaine (hors Corse) renferment 6,91 gigatonnes de carbone organique, dont plus de la moitié dans les 30 premiers centimètres du sol.

Ce stock de carbone varie selon l’affectation du sol. Certains changements d’usages (conversion des cultures en prairies ou en forêts) ou de pratiques agricoles (apport de boues urbaines, effluents d’élevage, non-labour) favorisent son stockage (graphique 5).

 


Graphique 5 : stock de carbone organique moyen par occupation du sol en tonnes/hectare

Source : Gis Sol, 2013, Meersmans et al., 2012. A high resolution map of French soil organic carbon. Agron. Sustain. Dev. - © Traitements : SDES, 2013
Note : cette répartition s’appuie sur des données de 2012 dont l’évolution est très faible dans le temps. Champ : France métropolitaine.

Pollution des sols

Malgré leurs interdictions depuis les années 1990, des substances issues des transports ou de l’épandage agricole polluent durablement le sol. Ainsi, plus de 90 % des contaminations diffuses par le plomb proviennent du trafic automobile.

En métropole, le sol des zones de culture ou d’élevage intensifs renferme également des taux élevés de lindane (insecticide ou antiparasitaire), alors que cette substance est interdite depuis 1998.

La pollution chronique du sol des bananeraies et la contamination des écosystèmes naturels par la chlordécone, insecticide interdit de vente depuis 1993 dans les Antilles françaises, affectent encore 25 % de la SAU en Guadeloupe et 40% en Martinique, en raison de sa persistance dans le sol, exposant la population par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés.

Mi-2021, un peu plus de 9 500 sites et sols pollués sont recensés en raison du passé industriel de la France : les anciennes régions minières en concentrent la moitié. Ces pollutions résultent soit de rejets de polluants non maîtrisés, soit d’accidents ou de mauvais confinements.

Dépenses de protection des sols

En France, la protection des sols et des masses d’eau mobilise principalement l’État, les collectivités locales et les entreprises.

En 2019, 2,5 milliards d’euros, soit 4,6 % des dépenses de protection de l’environnement, sont destinés à des actions de prévention et de réhabilitation des sols et des masses d’eau : prévention des infiltrations de substances polluantes (54 %), dépollution des sites et sols pollués (38 %), lutte contre l’érosion des sols et la prolifération des algues vertes (4 %) et mesure et surveillance de l’état des sols et des milieux aquatiques et marins (3 %).

Les dépenses allouées à la protection des sols et des masses d’eau progressent moins fortement en 2019 après deux années de forte augmentation (+ 10,0 %, après + 20,6 % en 2018 et + 19,1 % en 2017) – (graphique 6).

Les aides allouées à la conversion et au maintien de l’agriculture biologique et les subventions consacrées au plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles restent le principal facteur de croissance de la dépense.

 


Graphique 6 : les principales composantes de la protection du sol, des eaux souterraines et des eaux de surface en millions d'euros courants

sd = données semi-définitives, p = données provisoires. Champs : France. Source : SDES, compte satellite de l'environnement, 2021. - © Traitements : SDES, 2021

21 fiches thématiques pour dresser le bilan environnemental de la France

Cet article fait partie de la publication "Bilan environnemental de la France - Édition 2021" qui propose une vue d'ensemble des dépenses de protection de l’environnement, ainsi qu’un aperçu de l’état des écosystèmes et des interactions entre l’environnement et l’économie.

21 fiches thématiques abordent les grands enjeux et l’état des connaissances des principaux domaines environnementaux : milieux naturels, exposition aux risques, économie verte, consommation de matières, émissions de gaz à effet de serre, énergies renouvelables, etc.

Ce panorama, au travers d’indicateurs physiques et monétaires, mobilise de nombreuses sources et met en perspective les évolutions récentes sur ces domaines.

Consulter le Bilan environnemental de la France - Édition 2021

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