Des freins au moment d’agir en faveur de l’environnement
Facilité par la diffusion élargie de dispositifs de collecte sélective à l’échelle municipale, le tri des déchets pour le recyclage est la principale pratique environnementale des ménages français en 2025, même si elle n’est pas considérée comme la plus efficace pour protéger l’environnement. De ce point de vue, les Français pensent qu’il serait préférable de réduire leur consommation d’énergie, de privilégier l’achat de produits locaux ou de restreindre leur utilisation de l’avion. Assez logiquement, les actions jugées faciles sont souvent mises en œuvre (tri des déchets et achat de produits locaux), tandis que celles considérées comme plus compliquées se révèlent peu fréquentes (moindre utilisation de la voiture et achat de produits éco-labellisés). À l’inverse, réduire sa consommation d’eau ou limiter ses voyages aériens sont des actions perçues comme assez simples, mais elles ne sont que rarement mises en application. D’autres actions jugées assez compliquées (privilégier la marche, le vélo ou les transports en commun au quotidien ; faire des économies d’énergie) sont assez fréquentes alors qu’elles ne sont pas considérées comme simples (voir graphique Actions individuelles pour protéger l’environnement : fréquences, difficultés et efficacités présumées en 2025).
Actions individuelles pour protéger l’environnement : fréquences, difficultés et efficacités présumées en 2025
En %
Note : la question posée était : « Pour protéger l’environnement, quelle est l’action individuelle la plus efficace ? Celle que vous mettez le plus fréquemment en œuvre au quotidien ? Celle que vous avez le plus de difficultés à mettre en œuvre ? ».
Champ : France métropolitaine.
Source : Sciences Po-SDES, Baromètre Elipss Environnement, 2025
Selon l’enquête Eurobaromètre réalisée en 2025 à l’initiative de la Commission européenne, les Français semblent un peu plus agir en faveur de l’environnement que la moyenne des Européens. Parmi les actions qui sont plus fréquemment citées en France que dans d’autres pays de l’Union européenne à 27 (UE à 27), le tri des déchets est largement plébiscité (75 % contre 64 %). Dans une moindre mesure, 34 % des Français déclarent consommer moins de viande, soit 9 points de plus que la moyenne européenne (voir graphique Actions individuelles mises en œuvre en 2025). Dans les foyers français, la maîtrise de l’énergie semble être un souci plus marqué qu’à l’échelle européenne, tant au moment de l’achat qu’après (isolation, suivi des consommations).
Actions individuelles mises en œuvre en 2025
En %
Note : la question posée était : « Avez-vous entrepris une ou plusieurs actions suivantes ? ». Les réponses « Autre » ou « Ne sait pas » n’apparaissent pas ici. Elles représentent entre 0 et 1 % des réponses.
Champ : France métropolitaine et Union européenne à 27.
Source : Eurobaromètre, « Climate Change » (SP 565), février-mars 2025
Dans certains domaines tels que la mobilité, la France reste en retrait par rapport à certains pays européens. Ainsi, 22 % des Français affirment se passer de leur voiture et opter pour des modes de déplacement respectueux de l’environnement, alors que cette pratique est citée par 63 % des Suédois. De même, une nette différence s’observe entre la France et la Suède quand il est question de prendre en considération l’empreinte carbone de ses déplacements longue distance (16 % contre 36 %). Les Danois sont, pour leur part, quatre fois plus nombreux que les Français à déclarer avoir fait l’acquisition d’une voiture électrique.
Dans le domaine de l’énergie, les Français font également moins souvent appel à une offre d’électricité verte (6 % des Français contre 21 % des Suédois) ou à l’installation de panneaux solaires (dix fois moins évoquée en France qu’aux Pays-Bas).
Changement climatique : des niveaux de préoccupation et d’implication hétérogènes en Europe
Selon l’Eurobaromètre 2025, la part des Français jugeant que le changement climatique est un « problème très grave » est supérieure (50 %) à la moyenne observée à l’échelle européenne (37 %). Il en va de même concernant l’implication individuelle : 66 % des personnes interrogées en France déclarent contribuer à leur échelle à la lutte contre le changement climatique, contre 59 % pour l’UE à 27 (voir graphique Comparaison européenne des niveaux de préoccupation et d’engagement vis-à-vis du changement climatique). Signe préoccupant, ce pourcentage a baissé entre 2023 et 2025, aussi bien en France (- 3 points) qu’à l’échelle européenne (- 4 points).
Comparaison européenne des niveaux de préoccupation et d’engagement vis-à-vis du changement climatique
Écart à la moyenne européenne (UE à 27)
Notes : les questions posées étaient : « Dans quelle mesure pensez-vous que le changement climatique est un problème sérieux actuellement ? » et « Avez-vous personnellement pris des mesures pour contribuer à la lutte contre le changement climatique au cours des six derniers mois ? ». Les axes se croisent au niveau des moyennes européennes et chaque pays est situé au regard de l’écart à celles-ci.
Champ : Union européenne à 27 ; 26 319 enquêtés dont 1 003 en France.
Source : Eurobaromètre, « Climate Change » (SP 565), février-mars 2025<:p>
Comme lors des précédentes enquêtes (2021 et 2023), l’inquiétude à l’égard du changement climatique est assez marquée dans les pays méditerranéens (Malte, Chypre). Toutefois, les Italiens et les Grecs s’illustrent par un faible niveau d’implication individuelle. À l’inverse, l’implication individuelle se révèle fréquemment élevée dans le nord de l’Europe (Finlande, Suède). Les pays de l’Est manifestent les niveaux de préoccupation et d’implication individuelle parmi les plus faibles : en Roumanie et en Bulgarie, plus de trois personnes interrogées sur cinq déclarent ainsi ne pas agir à leur niveau pour lutter contre le changement climatique ; l’Estonie et la Tchéquie se caractérisent par de faibles niveaux de préoccupation et d’implication individuelle.
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