Les 5 ODD « planète » de l'agenda 2030
Exemples d’évolution de quelques indicateurs des cinq ODD « Planète »
Note : ce tableau comprend 15 des 38 indicateurs relatifs aux cinq ODD « Planète » analysés. La liste exhaustive figure sur le site Agenda 2030. L’évolution est observée sur une période de 5 ans depuis la dernière valeur disponible. Selon la disponibilité des données, la longueur de la période d’observation peut varier.
* Indicateur calculé dans le cadre de l’observatoire Sispea et permettant d’évaluer la conformité aux prescriptions issues de la directive ERU des seules stations des eaux usées, pondérées par la charge entrante en DBO5.
** En prenant en compte les sept gaz à effets de serre suivants : CO2+ CH42O + gaz fluorés. Estimations provisoires.
Source : Insee, Indicateurs pour le suivi national des objectifs de développement durable, janvier 2026. Traitements : SDES, 2025
Eau propre et assainissement
Depuis la loi sur l’eau de 1992 qui a consacré l’eau « patrimoine commun de la Nation », l’implication de la France dans le domaine de l’eau douce est forte. Cependant, pour répondre à l’ODD 6, des progrès sont encore nécessaires en amont du cycle de l’eau et de son usage. Les prélèvements en eau douce diminuent en tendance longue, mais les efforts doivent se poursuivre pour atteindre les objectifs fixés en 2019 par les Assises de l’eau et repris dans le plan Eau de 2023, visant à réduire les prélèvements de 10 % d’ici 2030, tous usages confondus. Entre 2018 et 2023, plusieurs indicateurs progressent : le rendement moyen des réseaux d’eau potable, la part des analyses d’eau conformes aux limites de qualité microbiologique, le taux de conformité des dispositifs d’assainissement non collectif et la part des services publics locaux de l’eau ayant des commissions consultatives. En revanche, le taux de conformité « performance » des dispositifs d’assainissement collectif s’établit à 91,9 % en 2022 après avoir atteint 98,6 % en 2018. Enfin, en 2021, 43,6 % des eaux de surface sont en bon état écologique et 67,9 % en bon état chimique.
Consommation et production responsables
L’ODD 12 affiche une situation mitigée avec trois indicateurs qui évoluent favorablement. Après un point haut en 2018 à 12,1 millions de tonnes (Mt), la production de déchets dangereux s’établit à 11,4 Mt en 2022. Par rapport à 2017, l’empreinte matières par habitant baisse de 0,6 tonne pour s’établir à 13,4 tonnes en 2022. Mais parallèlement, la consommation intérieure de matières par habitant augmente, et les progrès de la productivité matières doivent s’intensifier pour atteindre la cible 2030. Ces indicateurs restent toutefois très sensibles à l’activité économique (BTP et agriculture notamment), alors que les besoins individuels et collectifs peinent à diminuer. Le défi futur sera par conséquent de faire évoluer les modes de consommation et de tendre vers des biens et des services encore plus durables.
Mesures relatives à la lutte contre le changement climatique
Concernant l’ODD 13, les émissions de gaz à effet de serre (GES) affichent une baisse significative sur la période 2019-2024, notamment dans les secteurs de l’industrie et de l’usage des bâtiments et activités résidentiels tertiaires. Afin de mettre en œuvre la transition vers une économie moins émettrice en GES, la France s’est dotée d’une stratégie nationale bas-carbone (SNBC), qui définit la trajectoire cible de baisse des émissions jusqu’à l’atteinte de la neutralité carbone en 2050, et fixe des objectifs à court et moyen termes (les budgets carbone). La troisième SNBC est en cours d’élaboration, le projet a été ouvert à la consultation en décembre 2025. Sur la période 2019-2023, impactées par la crise sanitaire, les émissions de GES (hors UTCATF) sont moindres que celles prévues par le deuxième budget carbone. Elles permettent ainsi de compenser le non-respect du premier budget carbone 2015-2018.
L’empreinte carbone permet d’apprécier plus finement les progrès de la France au regard de la lutte contre le dérèglement climatique. En tenant compte du contenu en GES des importations, elle permet d’intégrer les pressions globales de la demande intérieure française sur le climat, quelle que soit l’origine géographique des produits consommés. Sur la période 2019-2024, l’empreinte carbone, rapportée au nombre d’habitants, baisse de 13,7 %, soit 2,9 % par an. L’empreinte carbone se compose à 50 % des émissions associées aux biens et services importés en 2024.
Vie aquatique
Concernant le milieu marin, les politiques visant à préserver les ressources marines continuent de se déployer, mais les défis demeurent. Entre 2019 et 2024, les aires marines protégées couvrent 10,3 % de superficie marine supplémentaire. Fin 2025, sept des huit façades maritimes et bassins ultramarins disposent d’un document stratégique. Selon le dernier état des lieux disponible (2021), 50 % des eaux côtières ont un bon ou un très bon état écologique, contre 42 % des eaux de transition. 24 masses d’eau littorales sont classées en qualité médiocre ou mauvaise. Le milieu marin reste fragile du fait des activités terrestres et des pollutions en mer que cela peut engendrer : en 2024, les autorités confirment 184 rapports de pollution « POLREP », niveau le plus haut depuis 2010. Les déchets sont devenus l’une des principales menaces pour les écosystèmes marins : sur le littoral métropolitain, entre 2019 et 2024, l’estimation de l’abondance totale médiane de macro-déchets augmente de 330 à 386 par 100 mètres de plage, mais varie fortement entre les façades maritimes.
Vie terrestre
Si les surfaces boisées et protégées tendent à progresser, ce n’est pas le cas des systèmes peu anthropisés et des indicateurs relatifs à l’état de la biodiversité. Considérées comme un facteur de perte de biodiversité, les espèces exotiques envahissantes sont de plus en plus nombreuses. Parallèlement, les populations d’oiseaux communs spécialistes diminuent. Ces derniers ont en effet des exigences écologiques plus strictes que les espèces généralistes et leur abondance est ainsi corrélée significativement à l’intensité de la perturbation des habitats. En France métropolitaine, la population d’oiseaux des milieux agricoles diminue de 20 % entre 2019 et 2024, et celles des milieux forestiers et des milieux bâtis diminuent respectivement de 7 % et 19 % sur la même période. Ce phénomène s’explique par la dégradation ou la perte d’habitats et par une diminution des populations d’insectes. Ces tendances conduisent à une homogénéisation des communautés d’oiseaux et à un appauvrissement des espèces.


