Une hausse du trafic maritime de fret portée par les marchandises en vrac
En 2025, la hausse du trafic maritime de fret est portée par le rebond des vracs liquides (+ 4,0 %) et des vracs solides (+ 4,2 %). Premier trafic en volume, les vracs liquides s’établissent à 136,9 millions de tonnes (Mt), tandis que les vracs solides atteignent 59,0 Mt. Cette reprise intervient après une année 2024 marquée par un recul des trafics vraquiers, lié notamment à la baisse des flux de gaz liquéfié, ainsi que des vracs solides destinés à la sidérurgie et au secteur de la construction et des céréales en raison d’une faible récolte en 2024.
Le trafic de marchandises conteneurisées s’établit à 58,7 Mt en 2025 (+ 1,0 %) et se hisse à un niveau historiquement élevé, se rapprochant de son point haut de 2021 (59,2 Mt).
À l’inverse, le trafic roulier recule de 1,4 % pour atteindre 72,1 Mt, sous l’effet de la diminution conjointe des flux de véhicules de fret et de véhicules particuliers.
Plus marginal et plus volatil, le trafic de marchandises diverses manutentionnées par levage rebondit (+ 11,6 %) pour s’établir à 6,7 Mt.
Évolution du trafic maritime selon le type de fret depuis 2015
En millions de tonnes
Champ : France hors Mayotte.
Source : SDES
Répartition du trafic maritime selon le type de fret en 2025
En %
Champ : France hors Mayotte
Source : SDES
Nette hausse du trafic de vracs liquides
En 2025, la hausse du trafic de vracs liquides (+ 4,0 %) s’explique par le rebond des trafics de pétrole (+ 2,8 %) et de gaz liquéfié (+ 10,3 %). Le trafic des autres vracs liquides, principalement composés d’huiles et de produits chimiques, augmente également (+ 1,3 %).
Les trafics pétroliers s’établissent à 98,4 Mt en 2025, en hausse de 2,7 Mt par rapport à l’année précédente. Le trafic de pétrole brut augmente de 1,9 Mt (+ 4,0 %) pour atteindre 49,9 Mt. Celui des produits pétroliers raffinés progresse plus modérément (+ 1,6 %), soit 0,8 Mt en niveau, et s’établit à 48,5 Mt.
Cette hausse s’explique par une disponibilité des raffineries plus élevées en 2025 qu’en 2024, en lien avec une augmentation des importations de pétrole brut, ainsi qu’une progression des expéditions de produits raffinés, dans un contexte de rééquilibrage de l’offre. En 2024, un incendie sur un site d’ExxonMobil avait réduit les capacités de raffinage en France pendant une partie de l’année.
Le trafic de gaz liquéfié rebondit en 2025 (+ 10,3 %) et s’établit à 25,7 Mt. Cette hausse intervient après deux années consécutives de baisse, en 2023 et 2024.
En 2025, la hausse du trafic s’explique principalement par deux facteurs. D’une part, les importations françaises de gaz naturel augmentent dans un contexte de recul de la demande intérieure (- 3,4 % en 2025) et de renforcement du rôle de transit de la France vers le reste de l’Europe. D’autre part, l’origine du gaz naturel importé évolue : les importations de gaz liquéfié en provenance des États-Unis et du Nigéria progressent, au détriment des fournisseurs historiques alimentant la France par gazoduc, notamment la Norvège, l’Algérie et les Pays-Bas.
Le trafic des autres liquides en vracs composées d’engrais liquides, d’huiles et graisses végétales et animales, de monoalcools et d’autres produits chimiques organiques et inorganiques augmente légèrement en 2025 (+ 1,3 %) à 12,8 Mt.
Évolution du trafic maritime de vracs liquides depuis 2015
En millions de tonnes
Champ : France hors Mayotte.
Source : SDES
Le trafic de vracs solides rebondit après trois années consécutives de baisse
En 2025, le trafic de vracs solides rebondit (+ 4,2 %) pour atteindre à 59,0 Mt. Cette hausse fait suite à trois années consécutives de baisse, sous l’effet d’une diminution des trafics de charbons et de céréales malgré le rebond du trafic de minerais.
Le trafic de charbon poursuit sa baisse en 2025 (- 2,8 %), pour la troisième année consécutive, et atteint 4,8 Mt, son plus bas niveau historique. Ce trafic s’inscrit dans un déclin structurel, lié à la sortie progressive du charbon dans la production d’électricité en France : en 2025, la production d’électricité à partir du charbon est quasi nulle. En dix ans, le tonnage de charbon débarqué dans les ports français a ainsi reculé de 60 %.
Le trafic de minerais rebondit en 2025 (+ 6,8 %) pour atteindre 17,3 Mt, après trois années consécutives de baisse. Malgré cette hausse, il demeure à un niveau faible. Constitué principalement de minerais de fer destinés à la sidérurgie, ce trafic reste pénalisé par le ralentissement du secteur en France et en Europe.
Le trafic de produits agricoles augmente nettement en 2025 (+ 6,4 %) pour atteindre 20,9 Mt, sous l’effet du rebond des trafics de céréales.
Le trafic de céréales, constitué pour l’essentiel d’exportations vers des pays partenaires, progresse fortement (+ 8,5 %) et atteint 15,5 Mt, dans le sillage d’une campagne céréalière 2025 plus favorable que celle de 2024, marquée par de faibles rendements.
Parallèlement, le trafic d’aliments destinés à l’élevage, principalement du soja importé sous forme de fèves ou de tourteaux, augmente légèrement (+ 0,7 %) pour s’établir à 5,3 Mt après deux années de forte hausse. Ces niveaux de trafic s’inscrivent dans un contexte de baisse des prix du soja sur les marchés mondiaux, qui succèdent à des niveaux de prix élevés entre 2021 et 2023.
Le trafic des autres vracs solides, constitué principalement de coproduits sidérurgiques, d’engrais et de matières premières utilisées par la filière du bâtiment, augmente légèrement (+ 1,1 %) à 16,1 Mt, tiré par la hausse du trafic d’engrais (+ 4,6 %).
Évolution du trafic maritime de vracs solides depuis 2015
En millions de tonnes
Champ : France hors Mayotte.
Source : SDES
Le trafic de conteneurs augmente
En 2025, le trafic de marchandises conteneurisées augmente (+ 1,0 %) pour atteindre 58,7 Mt, tare des conteneurs comprise, après un fort rebond en 2024 (+ 14,2 %).
Exprimé en équivalents vingt pieds (EVP), le trafic progresse plus nettement (+ 3,2 %) et atteint 6,5 millions d’EVP. Cet écart s’explique par une diminution du tonnage moyen par EVP, qui passe de 9,27 tonnes en 2024 à 9,08 tonnes en 2025.
En 2025, la hausse du trafic de conteneurs se concentre dans les ports de Dunkerque et d’Haropa, sous l’effet de la forte progression des trafics à destination de l’hinterland. Le trafic de transbordement augmente également, mais plus modérément.
Évolution du trafic maritime de conteneurs depuis 2015
En millions de tonnes (à gauche) et millions d’EVP (à droite)
Champ : France hors Mayotte.
Source : SDES
Le trafic de rouliers se replie
En 2025, le trafic total de rouliers recule de 1,4 % pour s’établir à 72,1 Mt, après deux années consécutives de hausse.
Cette baisse s’explique principalement par le recul de 2,9 % du trafic de véhicule de fret entre la France et les îles britanniques, qui atteint 54,1 Mt en 2025. Le trafic transmanche de véhicules particuliers diminue également (- 2,4 %) et s’établit à 3,1 Mt.
Sur la façade méditerranéenne, le trafic de marchandises conditionnées en véhicule progresse fortement (+ 12,5 %) pour atteindre 11,0 Mt, porté par le dynamisme des échanges internationaux avec la Tunisie, la Turquie et le Maroc. Le trafic de véhicules particuliers recule de 16,6 % et s’établit à 3,0 Mt.
Évolution du trafic maritime de rouliers depuis 2015
En millions de tonnes
Champ : France hors Mayotte.
Source : SDES
Trafic de fret dans les principaux ports maritimes
En 2025, les grands ports de métropole, spécialisés dans les trafics de marchandises transportées en vrac et en conteneurs, ont vu leur trafic progresser. À l’inverse, le trafic du port de Calais, essentiellement constitué de trafic de rouliers à destination des îles britanniques, recule nettement.
- le trafic total transitant par le port d’Haropa augmente de 1,9 % à 84,4 Mt en raison de la hausse conjointe des trafics de vracs solides (+ 10,0 %) et de marchandises conteneurisées (+ 2,1 %).
- le trafic total transitant par le port de Marseille repart à la hausse (+ 4,9 %) à 74,0 Mt après deux années consécutives de baisse grâce à l’augmentation des trafics de vracs liquides et solides, ainsi qu’à la forte hausse du trafic de véhicule de fret.
- le trafic total transitant par le port de Dunkerque augmente (+ 4,6 %) à 48,0 Mt soutenu par la hausse du trafic de gaz liquéfié et de conteneurs.
- Le trafic total transitant par le port de Calais recule (- 3,1 %) à 39,1 Mt en raison de la diminution du trafic transmanche de rouliers.
- le trafic total transitant par le port de Nantes Saint-Nazaire rebondit (+ 2,0 %) à 26,2 Mt après deux années consécutives de baisse, sous l’effet de la hausse du trafic de gaz liquéfié.
Dans les ports des départements et régions d’outre-mer, le trafic progresse à La Réunion (+ 3,6 %), à Fort-de-France (+ 3,3 %) et à Pointe-à-Pitre (+ 1,8 %), porté notamment par les vracs solides destinés à la filière du bâtiment, tels que le ciment et le clinker. Le port de La Réunion bénéficie également de la hausse du trafic de conteneurs et des importations de pellets de bois, qui remplacent depuis 2024 le charbon dans la production d’électricité. La progression des trafics pétroliers contribue à la hausse du trafic du port de Fort-de-France. À l’inverse, leur recul pèse sur l’activité du port de Cayenne, dont le trafic diminue de 5,1 %.
Les ports de commerce français de marchandises et leur tonnage en 2025
Note : trafic de fret (marchandise + tare) total embarqué et débarqué dans les 38 principaux ports de commerce français de métropole et des départements et régions d’outre-mer (DROM) hors Mayotte. Les GPM sont des ports sous tutelle de l’État tandis que les ports décentralisés sont gérés par les collectivités territoriales. Certaines données restent provisoires et peuvent encore être sujettes à des révisions.
Champ : France hors Mayotte.
Source : SDES
Auteur : Achille BAUER, SDES
Définitions
- Tonnage total : inclut le tonnage des marchandises avec leurs emballages ainsi que la tare des unités de rouliers et de conteneurs servant au transport de ces marchandises.
- Tare : inclut uniquement le poids à vide (ou masse à vide), d’un véhicule ou d’une unité de transport intermodal.
- Vracs liquides : regroupe tous les produits directement transportés sous forme liquide dans des navires adaptés (pétroliers, méthaniers, chimiquiers…).
- Vracs solides : regroupe tous les produits à l’état solide ou de granulats qui ne sont pas emballés ou arrimés, et qui sont directement transportés en grande quantité dans les soutes de navires spécialisés (en général des vraquiers).
- Conteneurs : regroupe tous les produits transportés à l’intérieur des conteneurs de plus de 20 pieds. Le tonnage inclut la tare des conteneurs en plus du poids de la cargaison contenue.
- Rouliers : dit également « RoRo ». Inclut les marchandises contenues dans les véhicules de transport qui sont chargés sur les navires de commerce. Ce sont généralement des véhicules routiers (camions, remorques et semi-remorques…), plus rarement des wagons de chemin de fer ou des barges. Les véhicules destinés à la vente sont également comptés dans cette catégorie. Comme pour les conteneurs, la tare des véhicules est incluse dans le tonnage.
- EVP : acronyme d’équivalent vingt pieds. Unité approximative de mesure basée sur le volume d’un conteneur de 20 pieds, qui représente la taille standard dans le transport des marchandises conteneurisées. Par exemple, un conteneur standard de 20 pieds correspond à 1 EVP, tandis qu’un conteneur standard de 40 pieds correspond à 2 EVP.
- Trafic de produits pétroliers raffinés : regroupe l’ensemble des produits pétroliers issus du raffinage de pétrole brut (gazole, essence, naphta, carburéacteurs, fiouls lourds, white spirit et autres huiles de pétrole), à l’exception du GPL.
- Trafic pétrolier : regroupe l’ensemble des trafics de pétrole brut et de produits pétroliers raffinés, à l’exception des gaz de pétrole liquéfiés (GPL).
- Trafic de gaz liquéfié : regroupe les trafics de gaz naturel liquéfié (GL) et de gaz de pétrole liquéfié (GPL), constitué pour l’essentiel de butane et de propane.
- Trafic d’hydrocarbures : regroupe l’ensemble des trafics de pétrole brut, de produits pétroliers raffinés et de gaz liquéfié (y compris le GPL). Les autres vracs liquides non énergétiques sont exclus de cette catégorie.
Données
Données associées à l'article sous forme de tableaux et graphiques et données brutes sous forme de tableaux.









