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Environnement

DONNÉES DE SYNTHÈSE SUR LA BIODIVERSITÉ

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Évolution des populations de grands prédateurs : le loup, le lynx et l’ours

À retenir

Le loup, le lynx et l’ours font l’objet de mesures de protections sur le territoire français. Si le loup et le lynx semblent s’être installés durablement, ce n’est pas le cas pour l’ours dont l’avenir reste incertain. En effet, les effectifs du loup et son aire de répartition augmentent et la présence régulière du lynx s’accroît dans le Jura. En revanche, l’ours présente toujours des effectifs très faibles malgré deux vagues de lâchers à la fin des années 1990 et en 2006. Ainsi, il y aurait 24 ours actuellement dans les Pyrénées.

Contexte

Présent sur 90 % du territoire il y a deux siècles, le loup (Canis lupus) a disparu de France à la fin des années 1930. Depuis le retour naturel en 1992 de deux individus venus d’Italie dans le Parc national du Mercantour, le loup s’est étendu dans le massif Alpin, puis dans les Pyrénées, les Vosges et plus récemment en Lozère. L’espèce est suivie par le réseau loup-lynx coordonné par l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS).
La chasse et la réduction des surfaces forestières ont été les principales causes de la régression du lynx, autrefois largement répandu en France. Disparu du bassin parisien et des Vosges au cours du XVIIe siècle, du Massif central et du Jura dans la seconde moitié du XIXe siècle, il s’est néanmoins maintenu dans les Alpes jusqu’au début des années 1940. Dans la chaîne pyrénéenne, l’espèce semble s’être éteinte dans les années 1950. Suite à la réintroduction du lynx dans le Jura Suisse au début des années 1970, l’espèce est revenue naturellement dans le Jura français à partir de 1974. Cette population constitue aujourd’hui le principal noyau en France.
La destruction des habitats et des individus a conduit à une forte régression des effectifs de l’ours en France, affectant d’abord les plaines puis les massifs montagneux. Dans les années 1940, la population pyrénéenne, seule survivante, était estimée entre 100 et 150 individus. Tombée à moins de 70 individus, cette population a commencé à se fragmenter en deux noyaux dans les années 1960 : l’un à l’ouest, l’autre au centre. Seuls 7 à 8 individus subsistaient dans l’ouest de la chaîne au début des années 1990. Désormais les populations sont divisées en trois noyaux : un noyau occidental, un central et un oriental.

Commentaire

Le nombre de loups présents en France a augmenté ces dernières années. Les inventaires réalisés durant l’hiver 2012-2013 ont permis de déterminer l’Effectif Minimum Retenu (EMR) dans les Zones de Présence Permanentes (ZPP). L’EMR est compris entre 83 et 96 individus, soit une moyenne de 90 individus. Il s’agit d’une estimation basse des effectifs, car il correspond à un dénombrement minimal des animaux sédentarisés et ne comprend pas les individus en dispersion. Les ZPP correspondent à des zones fréquentées au moins pendant deux hivers consécutifs par un ou plusieurs individus, ou meutes, sédentarisés. 31 ZPP ont été dénombrées à la fin de l’hiver 2012-2013, 21 abritant des meutes. Ainsi, depuis l’hiver 2003-2004, le nombre de ZPP a plus que doublé. En complément, des Zones de Présence Temporaire (ZPT) ou occasionnelle témoignent d’avancées de la colonisation, souvent par  des sub-adultes en dispersion.
La progression des indicateurs géographiques et démographiques montre une dynamique excédentaire : chaque année le taux de reproduction est supérieur au taux de mortalité. La population continue donc de s’accroître spatialement et numériquement dans la continuité des années antérieures. L’augmentation des effectifs de loups est constante depuis son retour en 1992 et les effectifs ont été multipliés par 3 depuis 2000.

Carte : répartition communale du loup

Deux noyaux de présence régulière du lynx existent dans les Vosges et dans le Jura. Dans les Alpes, seuls quelques îlots de présence régulière sont identifiés.

Carte : répartition du lynx

Par rapport à la période précédente (2005-2007), l’aire de présence régulière du lynx évolue légèrement positivement au niveau national (+ 6 %), mais uniquement grâce à la consolidation du noyau jurassien. Ainsi, l’aire de présence régulière a diminué de 10 % dans le massif vosgien et a progressé de 13 % dans le massif jurassien. La tendance est stable dans les Alpes où la population est plus dispersée. L’espèce est désormais présente sur toute la façade Est de la France, depuis l’Alsace jusqu’aux Hautes-Alpes, et tend à poursuivre sa progression vers le sud du pays. Sur l’ensemble des trois massifs, le nombre de lynx est estimé à 150 individus. Cette entité nationale est en fait constituée de trois noyaux dont deux seulement sont en connexion démographique active (massif jurassien et alpin), le massif vosgien étant très probablement encore isolé des autres.

Graphique : évolution de la présence du lynx en France

L’augmentation des populations de cervidés et d’ongulés de montagne contribue à l’implantation permanente du loup et du lynx en France. Si ces espèces semblent s’être installées durablement sur le territoire français, ce n’est pas le cas de l’ours brun dont l’avenir sur le territoire n’est pas garanti. Une première réintroduction a eu lieu en 1996-1997, puis après la mort de la dernière femelle de souche pyrénéenne en 2004, 4 femelles et 1 mâle ont été lâchés en 2006 dans le cadre du Plan de restauration et de conservation 2006-2009 de l’Ours brun. En 2012, les ours étaient répertoriés dans 5 départements : les Pyrénées-Atlantiques, les Hautes-Pyrénées, la Haute-Garonne, l’Ariège et l’Aude. Leurs effectifs sont estimés à 24 individus : 2 dans les Pyrénées Occidentales et 22 dans les Pyrénées Centro-Orientales, avec une répartition de 8 mâles, 11 femelles, 3 oursons étant encore indéterminés. Cette population est très menacée du fait de son isolement et sa viabilité à long terme reste incertaine.

Méthodologie
Les membres du réseau Loup-Lynx de l’ONCFS relèvent chaque année des indices de présence afin d’assurer le suivi des aires de répartition et de la démographie de ces espèces. Il permet d’identifier les Zones de présence régulière et récente du lynx, ainsi que les Zones de présence permanente du Loup (ZPP), correspondant à l’installation d’un ou plusieurs individus de façon stable et territoriale. L’effectif minimal retenu (EMR) dans chaque ZPP est évalué et des zones de présence temporaire sont également localisées.
Depuis 30 ans, l’ONCFS a en charge le suivi et l’étude de l’ours et s’appuie sur un réseau de correspondants multi partenaires : le Réseau Ours Brun (ROB). Dans le cadre du plan de restauration de l’ours 2006-2009, certains individus ont été équipés de colliers émetteurs afin de suivre leurs déplacements.

En savoir plus

  • http://www.oncfs.gouv.fr (Présentation des différents réseaux d’étude de la faune de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (CNERA Prédateurs-Animaux Déprédateurs (PAD) et réseaux de correspondants).

Mis à jour le 25/07/2014

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