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L'eau en France : ressource et utilisation – Synthèse des connaissances en 2022

Environnement
Publié le 23/12/2022
Ressource naturelle abondante en France, l’eau douce est utilisée à des fins domestiques (eau potable) et économiques (agriculture, industrie, loisirs, refroidissement des centrales électriques). Les prélèvements relatifs à ces besoins baissent depuis une vingtaine d’années, hormis ceux pour l’agriculture qui restent stables en moyenne. Des mesures réglementaires visent à garantir une gestion équilibrée de la ressource en eau et à la partager lorsqu’elle se raréfie.

Une ressource abondante, mais sous tension localement en été

La ressource en eau douce se trouve dans les eaux de surface (cours d’eau, lacs) et dans les nappes d’eau souterraines. Un volume moyen de près de 208 milliards de m3 se renouvelle année après année sur le territoire métropolitain, apporté à la fois par les précipitations et par les fleuves et rivières arrivant des territoires voisins (moyenne 1990-2019). Seule une fraction de ce volume est prélevable pour les usages humains, une part importante devant être laissée pour la vie des écosystèmes naturels, en particulier aquatiques. Cette part est estimée par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) à 97 Mdm3 pour la France hexagonale, soit 46 % de la ressource annuelle. Avec des prélèvements totalisant environ 31 Mdm3, les besoins en eau semblent donc couverts à ces échelles de temps et d’espace. Cependant, les plus forts prélèvements d’eau ont lieu en été lorsque la disponibilité de la ressource est la plus faible, ce qui peut provoquer localement de fortes tensions sur cette ressource, ainsi que des pénuries temporaires.

 

Répartition par saison hydrologique de l’apport d’eau douce renouvelable (moyenne 1990-2019)
En %

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Note : par convention, les saisons hydrologiques débutent en septembre. L’automne inclut les mois de septembre à novembre, l’hiver décembre à février, le printemps mars à mai et l’été compte les mois de juin à août.
Champ : France métropolitaine.
Sources : Météo-France, banque Hydro. Traitements : SDES, 2022

 

Plus de 80 % du volume d’eau douce prélevée est puisé dans les eaux de surface (rivières, lacs, canaux, retenues, etc.), compte tenu des quantités nécessaires au refroidissement des centrales électriques et à l’alimentation des canaux. En faisant abstraction de ces deux usages, les prélèvements d’eau douce mobilisent globalement autant les eaux souterraines que les eaux superficielles.


Répartition des volumes d’eau douce prélevés par usage et par milieu, en 2019
En milliards de m3

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Note : données déclarées auprès des agences de l'eau, hors prélèvements en mer et en eau saumâtre, hors hydroélectricité.
Champ : France métropolitaine.
Source : OFB, Banque nationale des prélèvements quantitatifs en eau (BNPE). Traitements : SDES, 2022

Eau prélevée et eau consommée

L’eau consommée correspond à la partie de l’eau prélevée non restituée aux milieux aquatiques. Cette part est très variable selon les utilisations. En moyenne, entre 2008 et 2019, le volume annuel d’eau consommée est estimé à 5,4 Mdm3 en France métropolitaine (soit environ 19 % des 27,9 Mdm3 d’eau prélevée, hors alimentation des canaux), ce qui représente 82 m3/habitant. L’agriculture est la première activité consommatrice d’eau avec 45 % du total, devant le refroidissement des centrales électriques (31 %), l’eau potable (21 %) et les usages industriels (3 %). Cette répartition est très variable selon les bassins : l’eau consommée est attribuée majoritairement à l’agriculture dans les bassins Adour-Garonne (78 % du total d’eau consommée) et Loire-Bretagne (56 %), à l’eau potable en Artois-Picardie (59 %) et en Seine-Normandie (55 %), et à la production d’électricité en Rhin-Meuse (57 %) et en Rhône-Méditerranée (48 %).

 

Prélèvements et consommation d'eau douce en France (moyenne 2008-2019)
En millions de m3

 

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Sources : OFB, Banque nationale des prélèvements quantitatifs en eau (volumes prélevés) ; EDF (coefficients de consommation d'eau pour les centrales électriques nucléaires) ; Observatoire des services publics d'eau et d'assainissement (taux de rendement des réseaux de distribution d'eau potable) ; Ifen, OIEau, agences de l'eau, Les prélèvements d'eau en France en 2001, mars 2004 (coefficients de consommation par activités). Traitements : SDES, 2022

En été, une ressource moindre et des besoins en hausse

En 2019, la ressource en eau renouvelable sur l’année hydrologique  était de 142 Mdm3, soit un tiers de moins que la moyenne annuelle 1990-2019 de 208 Mdm3. L’année 2019 se situe ainsi au 4e rang des années les moins pourvues en eau douce sur la période 1990-2019, après 2005, 2017 et 1990.


 
Évolution de la ressource en eau renouvelable par rapport à la moyenne (année hydrologique)
En %

 

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Notes : la ressource en eau renouvelable est la somme du flux interne (volume d’eau précipité diminué du volume d’eau retournant à l’atmosphère par évapotranspiration) et du flux entrant (volumes d’eau provenant des cours d’eau des pays limitrophes).
La ligne à 0 représente la moyenne 1990-2019 de 208 milliards de m3. L'année hydrologique est définie de septembre de l'année précédente à août de l'année courante.
Champ : France métropolitaine.
Source : banque Hydro (flux entrant), Météo-France (précipitations, évapotranspiration). Traitements :  SDES, 2022

 

En France métropolitaine, l’impact de l’utilisation de l’eau est plus important en période estivale (de juin à août), principalement du fait des besoins d’irrigation. Les consommations en eau représentent alors environ 60 % du total annuel, tandis que l’eau douce qui transite dans les cours d’eau correspond à seulement 15 % du volume annuel (moyenne 2008-2019). En 2019, la ressource estivale était 25 % plus faible que la moyenne 2008-2019.


La France ne connaît pas actuellement de déficit chronique à l’échelle nationale. Toutefois, l’accès à l’eau n’est pas garanti toute l’année et partout, et des concertations sont menées localement pour adapter les besoins à la ressource. Lorsqu’une pénurie d’eau est prévisible, les préfets déclenchent des restrictions d’eau graduelles et temporaires pour préserver les usages prioritaires. Le niveau de crise entraîne des interdictions partielles ou totales. Sur la période 2012-2020, de telles mesures ont été fréquentes sur certaines zones du territoire, notamment de l’Ouest et du Sud-Ouest, ce qui montre la fragilité de ces secteurs par rapport à la disponibilité de l’eau.

 

Fréquence des épisodes annuels de restriction de niveau « crise » des usages de l’eau superficielle d’une durée de plus d’un mois, sur la période 2012-2020

- - © SDES

Note de lecture : « 3 à 4 fois sur la période » signifie que des crises d’au moins un mois ont eu lieu 3 ou 4 années sur 9.
Champ : France métropolitaine et Corse.
Sources : ministère en charge de l’Écologie ; ministère en charge de l’Agriculture, 2021. Traitements : SDES, 2021

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